lundi, novembre 12, 2007

Le Christ qui est Roi de France - par Pierre Virion

Édition recomposée, qualité 3, 1 volume 14,5x20, 145 pages : 13 €

«Les Français ne se sont pas plus donné leur monarchie très chrétienne que leurs autres régimes. Mais cette constitution catholique, renversée par des factions irréligieuses en faveur de gouvernements illégaux, apparaît par le fait même et invariablement comme la légitimité française jouissant par surcroît du privilège d'avoir été longtemps acceptée avec amour par le peuple. Le temps et les cœurs lui sont restés fidèles tant que la nation n'a perdu de vue ni ses origines, ni sa foi, ni surtout son rôle dans le monde, c'est-à-dire les trois choses qui font de la France ce qu'elle est ; elle a duré tant que les partis n'installèrent pas dans nos mœurs l'instabilité de leurs querelles et leur fausse métaphysique sociale.» p. 6

«La démocratie moderne et les principes de 1789, le libéralisme et le socialisme, l'étatisme totalitaire et le communisme évoluent tous, et quoique différemment, en vertu d'un même mysticisme foncier. L'humanisme de la Renaissance, brisant la grande synthèse de la Sagesse chrétienne a mis, voilà cinq siècles, l'homme au sommet de l'univers. Un agnosticisme, latent ou avoué, a relégué le religieux au for interne, dans le domaine de l'opinion individuelle et, peu à peu, de l'inconnaissable, tandis que, dès le Quattro Cento italien, toutes les rêveries panthéistes de l'Ecole d'Alexandrie, de la Kabbale, de la Gnose ont envahi la pensée moderne.» p. 7

«Depuis le moment où «la nation des Francs, illustre, ayant Dieu pour fondateur» a authentiqué le testament de saint Remy, qui en dépit de toutes les critiques, demeure un monument national parce que toujours considéré comme tel, transmis de génération en génération, invoqué encore au XVIè siècle par la Ligue dans une crise de régime précisément doublée d'un problème religieux, depuis ce temps elle a poursuivi le même destin dans la félicité, les angoisses ou l'épopée.» p. 113

TABLE DES MATIERES

AVANT-PROPOS

CHAPITRE I LE CHRIST EST VRAIMENT ROI DE FRANCE
«Messire» - «Notre Dame»
«La Nation des Francs ayant Dieu pour fondateur»
Jeanne d'Arc.
La signification du Sacre.
La succession au trône.
Le Sacré-Cœur.

CHAPITRE II NOTRE-DAME DE FRANCE

CHAPITRE III TOUTES LES LEGITIMITES
L'Église
La famille
L'autorité
«Liberté, liberté chérie...»
Le libéralisme, c'est la tyrannie du mal.
Les Aristocraties
Le Droit

CHAPITRE IV LA CHRETIENTE
La Chrétienté disparut

CHAPITRE V LA VOCATION DE LA FRANCE

PRIERE

ANNEXES
La loi salique
Le Testament de saint Remy
Edit de Louis XIII
PIE VI Extraits du Consistoire du 11 juin 1793
La vocation de la France

jeudi, octobre 04, 2007

Blois, Notre-Dame de la Trinité

Blois (Loir-et-Cher), Basilique Notre-Dame de la Trinité. Architecte: Paul Rouvière, Bas-relief de la Façade: Frères Martel
Editions N.-D. de la Trinité, Blois

Blois, Notre-Dame de la Trinité

Blois (Loir-et-Cher), Basilique Notre-Dame de la Trinité. Les abords de l'Eglise un jour de Solennité

Blois, Notre-Dame de la Trinité

Blois (Loir-et-Cher), Basilique Notre-Dame de la Trinité, Statue Notre-Dame de la Trinité, Sculpteur: Madame Roux-Colas
Collection "Editions N.-D. de la Trinité"


Blois, Notre-Dame de la Trinité

Blois (Loir-et-Cher), Basilique Notre-Dame de la Trinité. Le sanctuaire et la grande mosaïque, Architecte: P. Rouvière, Mosaïques et tapisseries: L. et J. Barillet, Sculptures: Lambert-Rucki
Collection "Editions N.-D. de la Trinité"

Blois, Notre-Dame de la Trinité

Blois (Loire-et-Cher), Basilique Notre-Dame de la Trinité. Intérieur, vue générale - Architecte: Paul Rouvière, Vitraux et mosaïques: Louis Barillet et J. Le Chevallier - Tapisseries: J. et K. Barillet - Sculptures: Lambert-Rucki - Croix: Puiforcat.
Collection "Editions N.-D. de la Trinité"

Blois, Notre-Dame de la Trinité

Blois (Loir-et-Cher) - Basilique Notre-Dame de la Trinité. Le clocher de 60 m. e hauteur, 48 cloches et 240 marches. - Architecte: Paul Rouvière - Sculpteurs: Frères Martel. Coll. "Editions N.-D. de la Trinité"

Blois, Notre-Dame de la Trinité

Les Merveilles du Val de Loire.
Blois (Loir-et-Cher). 38 -
Vue aérienne sur la basilique Notre-Dame de la Trinité (achevée en 1939), avec son campanile haut de 60 mètres. -
Editions Valoire, 63, rue de la Mare, Blois.

dimanche, août 19, 2007

LA REINE DE FRANCE, de Tolbiac à Lourdes, par le colonel Henri de PONCHALON

édition fac-simile, qualité 2, 1 volume 20,5x28,5, 297 pages : 25 €
agrémenté de 79 belles gravures

De Lourdes, devenu par les apparitions de la Vierge le théâtre des plus grandes manifestations de l’ordre surnaturel et le centre du mouve­ment religieux qui agite le monde, ma pensée se reporte vers ce royaume de France qu’un grand pape a déclaré impérissable parce qu’il était le royaume de Marie ; elle évoque ces hommes de sceptre ou d'épée qui, rattachés par quelque doux et puissant lien au culte Virginal, ont illustré notre pays, et lui ont mérité la protection de Celle qui a été appelée la « Reine de France. »

Dans l'ouvrage que j'entreprends aujourd'hui, je voudrais montrer à ceux que n'aveugle pas l'esprit de parti quelle grande place le culte et les diverses apparitions de la Vierge occupent dans notre histoire nationale, et faire ressortir l'influence qu'ils ont exercée sur nos rois et nos hommes de guerre.

La nation française est le peuple de Dieu sous la Loi nouvelle ; une communauté de destinées est établie entre l'Église et la France, qui les rend participants des mêmes infortunes et des mêmes triomphes. Comme le peuple hébreux, lorsque nous ne nous sommes pas maintenus à la hauteur surnaturelle à laquelle Dieu nous a appelés et prédestinés, nous avons reçu de solennels avertissements.

Je l'ai dit ailleurs :

« La France a reçu de Dieu une mission : c’est de tenir déployé toujours le drapeau de la foi catholique, de la générosité et de l'honneur ; d'être la tête de la civilisation chrétienne ; de marcher en avant de tout ce qui progresse par l'amour et la poursuite du vrai, du bien et du beau. »

La France est «le soldat de Dieu. » Le premier de nos dons, c'est l'épée ; la folie de l'épée pourrait servir de titre à notre histoire nationale. Nous sommes nés sur un champ de bataille, et, de Tolbiac à Austerlitz ou à Sébastopol, qui a voulu nous voir dans toute notre beauté, a dû nous regarder à la lumière des combats. C’est là qu'éclatent toutes les richesses de notre nature : la gaieté dans le péril, l'illumination soudaine après l'indomptable élan, la générosité après la victoire.

Faut-il s’étonner que la Vierge dont le nom est inséparable de celui de Jésus, comme sur l’étendard de Jeanne d'Arc, ait inspiré les hommes d'armes illustres de cette tribu choisie et se soit servie de leur épée pour protéger ce sol français, où le culte de Marie était en honneur avant même la venue des Francs ?

vendredi, juin 29, 2007

Le Miracle et la Basilique de Faverney

Relation du Miracle de Faverney, 25 - 27 Mai 1608 d'après les documents de l'époque

En ce début du 17° Siècle, Faverney est une grosse bourgade. Saint GUDE y a fondé une Abbaye Bénédictine au début du 8° Siècle. Au 11° S. les Moniales sont remplacées par des Moines venus de la Chaise-Dieu.

En 1608, la vie religieuse à l'Abbaye n'est pas très fervente: Les Moines, qui ne sont que six, plus deux tout jeunes Novices, ont réduit au minimum la célébration de l'Office monastique. Cependant, ils restent prêtres, et dans leur belle église consacrée à Notre-Dame la Blanche, il leur arrive d'organiser de grandes fêtes, comme chaque année à la Pentecôte.

La Pentecôte 1608

C'est ainsi que le Samedi 24 Mai 1608, veille de la Pentecôte, Don GARNIER, le sacristain, prépare un reposoir près de la grille qui marque l'entrée du Choeur, à l'endroit indiqué aujourd'hui: "Lieu du Miracle".

Ce reposoir comporte une simple table, sur laquelle le religieux dispose un gradin, et un Tabernacle à colonnettes, une petite pierre d'autel sur laquelle prendra place l'ostensoir, à hauteur de visage. Le tout orné de tapis, et surmonté du dais qu'on porte aux processions. Epinglée à la nappe du reposoir, une Lettre Apostolique du Pape CLEMENT VIII accordant des Indulgences.

Ce même Samedi 24 Mai, vers 16 h, le Prieur ouvre les cérémonies en exposant le Saint Sacrement. Deux grandes hosties, consacrées le matin, sont placées dans l'ostensoir de forme particulière.

Le lendemain 25 Mai, Fête de la Pentecôte, c'est l'assistance des grands jours. L'après-midi, même les gens des villages voisins arrivent. Le soir, comme d'habitude, Don Garnier éteint les cierges, mais laisse allumées deux lampes à huile devant le Saint Sacrement. Puis il ferme les portes de l'église et du cloître, et se retire chez lui.

Ves minuit, un marchand de Faverney qui se rend à la Foire de Conflants / Lanterne, aperçoit, de la route qui longe la Lanterne, des lueurs dans l'église.

L'Evènement

Au petit matin, le Lundi de Pentecôte, 26 Mai, Don Garnier entre dans l'église pour préparer l'Office. Il la trouve remplie de fumée, court au reposoir... et reste là, cloué sur place...

Précipitamment il revient à l'Abbaye pour donner l'alerte: "Ma Chapelle est détruite!"... Surpris par ses cris, des Moines accourent. Quant soudain le jeune frère HUDELOT s'écrie: "MIRACLE!" Il venait d'apercevoir l'ostensoir suspendu dans les airs, légèrement incliné, le pied un peu en avant. Il est intact, immobile, on n'aperçoit aucune trace de support.

Des cendres sont retirés les restes d'un chandelier en étain, la pierre d'autel brisée en trois morceaux, les pieds de la table plus ou moins calcinés. Et, chose extraordinaire, la Lettre du Pape, intacte.

Les Moines, puis les habitants de Faverney aussitôt alertés, affluent à l'église. La nouvelle se répand si rapidement que bientôt on arrive de partout, même de Vesoul, dont le Couvent des Capucins a été averti.

On édifie un nouveau reposoir pour qu'éventuellement le S. Sacrement puisse venir s'y reposer. Et une troisième nuit survient, mais cette fois, une foule priante se renouvelle sans cesse.

Au matin du Mardi 27 Mai, les pélerins des villages voisins viennent en compagnie de leurs Curés. Les Messes se succèdent au Maître-Autel. Vers 10 h, le Curé de Menoux, l'abbé Nicolas AUBRY, célèbre. Après le Sanctus, l'un des cierges du reposoir s'éteint. Don Garnier le rallume. Le même incident se reproduit une deuxième, puis une troisième fois. Or, au moment où l'Abbé Aubry procède à l'Elévation, on perçoit comme le son d'une lame d'argent qui vibre. ET... tout le monde peut voir l'ostensoir se redresser d'abord, puis de lui-même "se couler doucement et se poser sur le corporal (aujourd'hui encore conservé à l'église) tout aussi révéremment que s'il fût déposé par un homme d'Eglise."

Ainsi prenait fin, après trente trois heures, ce prodige extraordinaire.

La Reconnaissance du Miracle

Dès le 31 Mai 1608, une enquête est ordonnée par Mgr Ferdiand de RYE, Archevèque de Besançon. Cinquante quatre dépositions sont recueillies, provenant des Religieux, mais aussi de paysans, de bourgeois, d'ouvriers. Le 30 Juillet de la même année, l'Archevèque conclut à la réalité du miracle. Depuis, chaque Lundi de Pentecôte, les fidèles viennent en pélérinage et vénèrent la Sainte Hostie.

Car elle a pu traverser la tourmente révolutionnaire, grâce à l'intervention d'un "Municipal", Claude LONGCHAMP, qui la retira, à temps, de l'ostensoir, pour la mettre en lieu sûr. Il la rendra en 1795, une fois la paix revenue. Tandis que l'ostensoir lui-même fut pris par les révolutionnaires et transformé en monnaie...

L'autre Hostie fut cédée à la Ville de DOLE, en Décembre 1608, et fut détruite pendant la Révolution, dans des circonstances encore mal définies.

L'Hostie sauvée des flammes nous rappelle que le Christ a voulu nous associer à sa mort et à sa résurrection, afin que nous aussi, nous passions de la mort à la Vie.

Pourquoi ce Miracle Eucharistique?

Dieu est présent dans nos vies, mais d'une manière invisible. Nous avons seulement des SIGNES des sa présence active et aimante.

Dans la vie quotidienne, nous nous faisons beaucoup de signes... Encore faut-il les remarquer et les accueillir... "On ne voit bien qu'avec le coeur..." Ce regard du coeur était déjà nécessaire aux témoins directs des miracles de Jésus.

Un proverbe oriental dit: "Quand le sage désigne la lune avec son doigt, l'insensé regarde le doigt et non la lune...!"

Devant le récit d'un miracle, au lieu de nous arrêter au "Comment" cela a pu se faire?, posons notre regard vers CELUI qui, à traves ce SIGNE, veut nous dire quelque chose d'important. Dans le cas du Miracle de 1608, à Faverney, qu'est-ce que Jésus veut nous dire?

Il nous dit qu'il est Maître des forces de mort (le feu, la mer): "Celui qui croit en Moi, même s'il meurt, vivra."

Il nous dit que l'Eucharistie rend présent le Mystère de son Corps et de son Sang donnés pour nous: "Ceci est mon Corps livré pour vous... Ceci est mon Sang versé pour vous et pour la multitude. Vous ferez cela en mémoire de Moi..."

Il nous dit qu'il a donné sa vie pour que nous ayons la VIE: "De même que je vis par le Père, celui qui me mangera vivra par moi, et moi je le ressusciterai au dernier jour."

Il nous appelle à le suivre dans le don de soi aux autres: "Je vous ai donné l'exemple, pour qu'à votre tour, vous fassiez de même: aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés..."

Notre-Dame la Blanche

L'église de Faverney n'est pas seulement le sanctuaire de l'Eucharistie, elle est aussi celui de la Vierge Marie. Saint GUDE plaça son Abbaye sous le patronage de Sainte Marie Immaculée. Vocable qui reçut par la suite le surnom plus populaire de Notre Dame la Blanche (la toute pure).

Cette statuette de Notre-Dame est fort ancienne. A l'origine, comme celle de Notre Dame du Mont-Roland, près de Dole, elle représentait une Vierge assise, portant l'Enfant Jésus sur ses genoux. Consumé de vieillesse, on lui a ajouté, au 17° Siècle, deux manteaux dorés qui habillent la Mère et l'Enfant.

Comme aux fidèles des siècles passés, la Vierge nous dit aujourd'hui: "Faites tout ce qu'il vous dira."


Voir aussi:

mardi, juin 26, 2007

Notre-Dame de Montligeon - Oeuvre Expiatoire pour la délivrance des âmes délaissées



Me voici, ô mon très doux Jésus, prosterné en votre présence. Je Vous prie et Vous conjure avec toute l'ardeur de mon âme de daigner imprimer dans mon coeur de vifs sentiments de foi, d'espérance et de charité, un vrai repentir de mes fautes et une très ferme volonté de m'en corriger; tandis qu'avec un grand amour et une grande douleur, je considère et contemple en esprit Vos cinq plaies ayant devant les yeux ces paroles que le prophète David Vous appliquait déjà en les mettant dans Votre bouche, ô bon Jésus: "Ils ont percé mes mains et mes pieds; ils ont compté tous mes os."

Indulgence plénière applicables aux Âmes du Purgatoire

vendredi, juin 08, 2007

Lettre de Marie Mesmin au Cardinal Andrieu adressée le 10 février 1916

Statue N.D. de Lourdes, BordeauxImage ci-contre: Statue de Notre-Dame de Lourdes, la "Vierge de Bordeaux", "Notre-Dame des Pleurs"

Que Jésus et Marie soient aimés de tous les coeurs! Je suis la servante du Seigneur.

Eminence,

Je suis la fille obéissante de l'Eglise, dont vous êtes en ce diocèse l'unique représentant et où, en cette qualité, tout le monde vous doit obéissance. Plaise à Dieu que ce ne soit pas moi qui manque à ce devoir!
Vous avez défendu, Eminence, que les prêtres assistent à nos réunions de prières. En conséquence, aucun prêtre n'y assistera plus désormais, malgré la satisfaction que j'avais de voir en eux des témoins pouvant constater que l'unique but de ces réunions est de prier en esprit de pénitence et de réparation pour éviter les fléaux qui, ayant commencé par la guerre, vont devenir de plus en plus terribles, de prier aussi pour la conversion des pécheurs, le retour des âmes à Dieu, la délivrance des âmes du Purgatoire et l'extension du règne du Sacré-Coeur dans le monde entier, de prier enfin pour l'Eglise, le pape, la France, pour votre Eminence et tout votre diocèse. C'est la Très Sainte Vierge qui a demandé ces prières.
Beaucoup de nos amis y viennent aussi pour remercier la Très Sainte Vierge d'avoir été témoins de ses larmes, de ses parfums et de nombreuses grâces obtenues par l'invocation de Notre-Dame des Pleurs.
Nombreux aussi ont été les soldats préservés visiblement sur les champs de bataille, où plus d'une fois, les porteurs de son image sont restés seuls debout et intacts, alors que la mitraille avait fauché tous leurs compagnons autour d'eux. Mais ce n'est qu'après la guerre qu'on les verra venir en nombre, témoigner leur reconnaissance pour de si grandes faveurs.
Je suis heureuse de vous dire, Eminence, dès à présent que les miracles de guérisons, de conversions, de protections et de grâces de toutes sortes opérées déjà par Notre-Dame des Pleurs sont innombrables. Mais si, pour obéir à votre Eminence je n'admets plus les prêtres à nos réunions, puis-je prendre sur moi d'en interdire l'accès à toutes les personnes, objet de ces faveurs, qui viennent, par leur présence, témoigner leur reconnaissance à notre bonne Mère du Ciel? Si vous l'ordonnez, Eminence, je me soumettrai, certaine que si la Très Sainte Vierge est privée de ces hommages et les âmes des grâces qu'elles reçoivent, je n'en porterai pas la faute. C'est pourquoi je n'ose le faire que sur un ordre formel de votre Eminence, qui me dégagera devant la Sainte Vierge, de toute responsabilité. Je n'aurai alors qu'à me soumettre, en fille obéissante de la sainte Eglise.
Si même, vous décidez que pour des raisons qu'il ne m'appartient pas d'apprécier, je doive m'éloigner de Bordeaux, je suis encore à vos ordres. Mais je vous ferai remarquer, Eminence, qu j'ai mon mari mobilisé comme infirmier aux Chantiers de la Gironde, où il est depuis dix neuf ans, que j'ai quatre orphelines que j'ai prises pour correspondre aux demandes de la Très Sainte Vierge.
J'ai reçu une mission, il est vrai, mais il ne m'appartient pas de choisir les moyens de la remplir. Je dois avant tout obéir, et je dirai à la Sainte Vierge que, n'ayant pas été entendue, je n'ai pu mieux faire. Alors nul doute que, dans sa sagesse, Elle avisera et prendra des moyens qui ne sont pas en mon pouroir.
Votre Eminence sait mieux que moi, qu'aujourd'hui c'est la lutte entre le bien et le mal et que l'esprit du mal, plus que jamais, use de tous les artifices pour dominer le monde entier et se rendre maître de tous les coeurs.
Que Dieu demande-t-il à chacun de nous dans cette grande bataille spirituelle? Simplement de faire chacun son devoir: au chef de commander, au soldat d'obéir. Je suis comme le simple soldat, je n'ai qu'à obéir. Le rôle des généraux est bien plus difficile car ils ont, non seulement le devoir de connaître les mouvements de l'ennemi et de deviner ses ruses, mais aussi la responsabilité de maintenir la discipline à tous les degrés de la hiérarchie militaire et de bien prendre garde de ne pas laisser les officiers subalternes influencer le commandement, car faute d'unité dans le commandement, on court à la défaite.
Dans ce combat spirituel, qui se livre aujourd'hui, Eminence, et qui se livre pour le Roi du Ciel, sous les yeux de sa Sainte Mère vous saurez faire respecter par tous le haut commandement qu'il vous a confié, auquel est attaché une responsabilité infiniment plus grande que celle qui incombe au petit soldat; et je suis ce petit soldat humblement soumis à vos ordres.
Je sais que depuis longtemps, Eminence, il y en a qui cherchent à enterrer la Vierge des Pleurs, mais réfléchissons que nous ne pourrons point enterrer la Mère de Dieu, mais que des milliers d'hommes sont déjà enterrés et que tout n'est pas encore fini. On ne peut point toucher aux reines de la terre, comment oserions-nous toucher à la Reine du Ciel? Elle est notre Mère et surtout la Reine du Clergé.
Un jour la Sainte Vierge me disait "Ma fille, si les prêtres savaient la responsabilité qu'ils ont, ils en mourraient de frayeur. Prie pour eux". Et vous en ce moment, Eminence, vous avez une grande responsabilité. C'est pourquoi, de tout coeur, je prie la Sainte Vierge pour vous.
Je sais, Eminence, que depuis quelques années, vous êtes persécuté par ceux de votre diocèse et d'autres, pour la cause de Notre-Dame des Pleurs et Dieu vous a donné la grâce de lutter jusqu'à ce jour. Au moment où la Très Saint Vierge a demandé le plus de prières, pourriez-vous abandonner sa défense? Je vous promets, Eminence, de bien prier pour vous et de demander les lumières du Saint-Esprit, afin que vous soyez éclairé. Je vous dis tout cela comme étant une pauvre petite esclave de la Très Sainte Vierge.
Eminence, ne fermons pas la porte de la Très Sainte Vierge des Pleurs, car j'ai peur qu'Elle ne nous ferme à tous la porte de son coeur.
Avant de terminer ma lettre, je tiens à vous dire, Eminence, que la cause de la Très Sainte Vierge, Notre-Dame des Pleurs, est entre vos mains. Notre pèlerinage ici-bas est de bien courte durée et bientôt dans l'éternité, notre cause à tous sera entre ses mains.
Daignez, Eminence, pardonner à votre humble servante de vous écrire si longuement; et humblement prosternée à vos genoux, j'ose implorer votre bénédiction apostolique.
De votre Eminence la très humble servante.

Marie MESMIN, Esclave de Marie.

vendredi, mai 04, 2007

Paroles d'Espoir pour la France - Message à la France

O douce France, reviens vers ton Seigneur,
Il souffre de ton absence, viens calmer sa douleur.
Pourquoi te troubler, ton bonheur tu peux retrouver.
Elève to regard d'azur et fixe le soleil,
Dans le ciel très pur, tu verras cette merveille,
Rêve, tendre France, que tu mèneras ton pont dans l'Océan Pacifique,
Et que ce doux rêve est la réalité, veux-tu que Je te l'explique?
Oui, Je connais ta souffrance, écoute la Vérité,
Pourquoi restes-tu sceptique et crains-tu la critique?
Je lis dans ton coeur tremblant, Je veux te dire que Je suis Aimant.
N'oublies pas que Je suis ton fidèle Seigneur,
Ton absence cause, en vérité, ma douleur.
Consume le souvenir de ton passé,
Ne pense plus qu'à ton Seigneur Aimé.
Il te porte dans ses bras tout puissants,
Et te conduira vers les bonheurs triomphants.
O France, ma douce France,
Je te sens lasse et affaiblie...
Tu te vois par l'épreuve, défraîchie,
Non, non, ma souveraine, tu n'es que fatiguée,
Je sais que tu ne veux point être prisonnière,
Aujourd'hui, tu vas être délivrée.
Relève ta tête noble et fière,
Ce n'est pas par un diadème de laurier,
Que ta tête va être couronnée,
Le riche diadème impérial
Ceindra ton front virginal.
Ne rougis point devant cette faveur,
Car tu as trouvé grâce devant ton Seigneur.
Pourquoi ne souris-tu pas O France?
Ton regard reste, vers Moi, fixé,
Crains-tu que ce n'est que condescendance?
Douce Reine, oui, Je t'ai aimée,
Ma voix te parvient d'un pays lointain,
Sois heureuse d'avoir retrouvé ton chemin,
Et ton véritable et stable bonheur,
Tu le trouveras, sans cesse, dans mon Coeur.
O douce souveraine trésorière,
J'aime ton âme droite et fière,
En toi, J'aime la douceur et la grâce,
Accueille avec amour ton Souverain qui passe,
Il t'emportera loin du regard humain,
Afin que tu ne sois jalousée et perde ton destin.
En vain, tu as espéré le bonheur,
En ce jour, tu cherches sa valeur,
Un seul regret, ton esprit agité,
Il faut que cette pensée te quitte,
"Ce Seigneur est le mien, pourquoi?"
O France, il faut que tu aies la foi.
Reste dans mon Coeur l'arche bénie,
Là, ne crains plus rien, tu es à l'abri.
Ta volière, O France n'est point limitée,
Mon Coeur est plus vaste que l'espace, en vérité.
Tu ne seras que prisonnière de mon Amour,
Celui qui ne cesse de se donner nuit et jour.
Elève tes yeux vers la beauté suprême,
Vers la réalité, le bonheur extrême,
Laisse à la terre le fruit gâté,
Cueille sur ton fruitier le fruit nouveau,
Celui qui dans l'ombre, jusqu'à cette heure, caché
Et qui triomphe de son bourreau.
France, paix à ton âme,
Joie à ton coeur,
Je viens allumer la flamme
Et faire jaillir ton bonheur.

Paroles de Notre-Seigneur inspirées à Soeur Olive
La Messagère du Christ-Roi (Henri-Pierre Bourcier)

mercredi, mai 02, 2007

Litanies de Jésus-Christ Roi de France

  • Seigneur Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
  • Seigneur Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
  • Père Céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
  • Fils Rédempteur du monde qui êtes Dieu, écoutez-nous.
  • Esprit-Saint qui êtes Dieu, exaucez-nous.
  • Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.
  • Ô Saint-Esprit, qui avez oint la France, nouvelle Judée, ayez pitié de nous.
  • Ô Jésus, seul vrai Roi, ayez pitié de nous.
  • Ô Jésus, seul vrai Roi de l’univers, ayez pitié de nous.
  • Ô Jésus, seul vrai Roi de France, sauvez la France.
  • Ô Jésus, Roi de France, notre Seule Vérité, sauvez la France.
  • Ô Jésus, Roi de France, notre Seul Amour, sauvez la France.
  • Ô Jésus, Roi de France, notre Seule Espérance, sauvez la France.
  • Ô Jésus, Roi de France, Fils de David, qui voulez le Salut de la France, sauvez la France.
  • Ô Jésus, Roi de France, qui voulez régner sur la France, et par la France sur le monde, sauvez la France.
  • Coeur Sacré de Jésus, qui vous complaisez parmi les lys, sauvez la France.
  • Notre-Dame de l’Assomption, Reine de France, sauvez la France.
  • Sainte Marie, Reine de France, sauvez la France.
  • Mère du Christ, Roi de France, sauvez la France.
  • Lys des Lys de France, Sainte Marie, intercédez pour la France.
  • Reine de France, qui à la Salette avez pleuré sur la France infidèle, intercédez pour la France.
  • Saint Joseph, qui avez manifesté votre amour pour la France, intercédez pour la France.
  • Saint Michel, chef de la milice céleste et ange gardien de la France, intercédez pour la France.
  • Saints Anges qui, à chaque instant, servez le Christ Roi de France intercédez pour la France.
  • Sainte Anne, Aïeule du Christ Roi de France, qui avez voulu reposer en France, priez pour la France.
  • Sainte Marie-Madeleine, témoin et apôtre en Gaule du Christ Ressuscité, priez pour la France.
  • Saint Denis, protecteur des Rois de France, priez pour la France.
  • Saint Martin, Apôtre des Gaules, priez pour la France.
  • Saint Remy, Apôtre des Francs, priez pour la France.
  • Saint Remy, qui avez baptisé et sacré Clovis, Fils aîné de l’Église, priez pour la France.
  • Saint Remy, Père et Protecteur de la civilisation chrétienne, priez pour la France.
  • Sainte Clotilde, Mère de tous les Rois de France, priez pour la France.
  • Sainte Geneviève, Gardienne de Paris et de la France, priez pour la France.
  • Saint Benoît, Témoin de la donation de la France au Christ, priez pour la France.
  • Saint Charlemagne, Législateur de la France et bouclier de l’Église, priez pour la France.
  • Saint Louis, Modèle des Rois de France, priez pour la France.
  • Saint Louis, Roi très chrétien, épée du Christ Roi de France, priez pour la France.
  • Saint Louis, qui avez donné à la France la couronne du Christ Rédempteur, priez pour la France.
  • Sainte Jehanne d’Arc, Reine de France, messagère du Christ Roi de France, priez pour la France.
  • Sainte Jehanne d’Arc, qui avez donné le royaume de France au Christ, priez pour la France.
  • Sainte Jehanne d’Arc, qui avez libéré la France de tous ses ennemis, priez pour la France.
  • Saint Pie V, Sauveur de la France, priez pour la France.
  • Sainte Marguerite-Marie, Héraut du Sacré Coeur de Jésus, Roi de France, priez pour la France.
  • Coeur Sacré de Jésus, qui avez exigé que Louis XVI et Marie-Antoinette soient les martyrs expiatoires de la France infidèle au Christ Roi de France, sauvez la France.
  • Coeur Sacré de Jésus, qui avez inspiré au Cardinal Pie les plus belles pages sur votre Royauté, sauvez la France.
  • Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Patronne de la France et missionnaire du Christ Roi de France, priez pour la France.
  • Saint Pie X, Docteur du Christ Roi de France, priez pour la France.
  • Tous les Saints de France qui avez prié pour que le Christ Roi de France règne par Son LieuTenant, priez pour la France.
  • Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
  • Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
  • Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
  • V. Coeur Sacré de Jésus, Roi de France,
  • R. Que votre Règne arrive.
  • V. Prions. Dieu Tout-Puissant et Éternel, qui avez voulu que Votre Divin Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ, soit Roi de France pour que, régnant sur la France, Il règne sur le monde, et que la Très-Sainte Vierge Marie soit Reine de France, apprenez-nous à être de fidèles et vertueux serviteurs d’un si grand Roi et d’une si grande Reine, et daignez nous pardonner, ô Père des miséricordes, nos infidélités, pour qu’enfin Votre Règne arrive. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, Vrai Roi de France.
  • R. Ainsi-soit-il.

Prière pour obtenir le relèvement du Royaume de France, Royaume de Marie

REGNUM.GALLIAE.REGNUM.MARIAE QUOD.NUMQUAM.PERIBIT. (1)

Mère céleste, Notre-Dame, vous qui avez donné à cette nation tant de gages insignes de votre prédilection, implorez pour elle votre divin Fils; ramenez-la au berceau spirituel de son antique grandeur. Aidez-la à recouvrer, sous la lumineuse et douce étoile de la Foi et de la vie chrétienne, sa félicité passée.
Regina pacis! Oh! oui! Soyez vraiment au milieu de ce peuple qui est vôtre la Reine de la paix, écrasez de votre pied viriginal le démon de la haine et de la discorde. Faites comprendre au monde, où tant d'âmes droites s'évertuent à édifier le temple de la paix, le secret qui seul assurera le succès de leurs efforts: établir au centre de ce temple le trône royal de votre divin Fils et rendre hommage à sa loi sainte, en laquelle la justice et l'amour s'unissent en un chaste baiser. Et que par Vous la France, fidèle à sa vocation, soutenue dans son action par la puissance de la prière, par la concorde dans la chaité, par une ferme et indéfectible vigilance, exalte dans le monde le triomphe et le Règne du Christ, Prince de la Paix, Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Amen.
Christifidelibus e Gallica natione, qui has preces Deiparae Virgini Mariae fuderint, quingentos Dies sacrae indulgentiae, nobis exhibitis votis annuentes, concedimus (1).
Ex acs Vaticanis, die XV in Martii a. MCMXXXXI.

Pius P.P. XII


(1) "Le Royaume de France, le Royaume de Marie, qui ne périra jamais."
(2) Accédant aux voeux qui nous ont été présentés, nous concédons 500 jours d'indulgence aux fidèles de la nation française qui auront récité ces prières à la Vierge Marie, Mère de Dieu. Du Vatican, le 15 Mars 1941 - Pie XII.

Ex: Henri-Pierre BOURCIER: La Messagère du Christ-Roi, Soeur Olive, 2e Édition - 5e Mille, Éditions Résiac, B.P. 6, F-53150 Montsurs

samedi, avril 21, 2007

En Vendée 1793 - Messe de minuit en forêt de Gralas - Dessin de Coral


Der Rosenkranzbauer Yves Nicolazic und die hl. Anna

Zum Bild: Yves Nicolazic, bretonischer Landwirt und Familienvater, geb. 3. April 1591, gest. 13. Mai 1645

Schon in frühester christlicher Zeit errichtete die Bretagne zu Ehren der hl. Anna, der Mutter der Gottesmutter, eine Kapelle. Jener Ort hieß bis auf die heutige Stunde Keranna, Dorf der hl. Anna.
Um das Jahr 700 wurde dieses französische Heiligtum durch heidnische Überfälle leider zerstört. Die hl. Anna aber blieb unvergessen. Überlieferung und Bräuche hielten ihr gesegnetes Andenken wach. Und sonderbar! Das besonders fruchtbare Feld, worauf einst die Kapelle mit ihrem Gnadenbild gestanden, konnte nicht, wie alle umliegenden Äcker, mit dem Pfluge bearbeitet werden, sondern nur mit der Hacke. Sooft ein Bauer versuchte, dort mit dem Pfluge zu ackern, weigerten sich die Ochsen über die geweihte Scholle zu schreiten und das Gespann zerriß. Es war, als ob die ehemalige Schutzherrin ihre angestammten Rechte über diesen Ort für immer wahren wolle.
Auch Yves Nicolazic, ein ob seiner Klugheit, Tüchtigkeit und Wohltätigkeit allgemein geachteter Landwirt, hatte zweimal umsonst versucht, seine Pflugschar über jene einsame Ackerstelle zu führen. Seit seiner Kindheit war er der hl. Anna zugetan. Er ehrte sie besonders mit dem Rosenkranzgebet. Denn welche Worte könnten der hl. Anna mehr gefallen als jene, mit welchen der Erzengel Gabriel einst in Nazareth ihre innigstgeliebte, allerreinste Tochter Maria als Gottesmutter grüßte?
So griff denn Yves täglich freudig nach dem Rosenkranz, um Maria und Anna und deren göttlichen Sohn und Enkel Jesus Christus zu preisen. Yves betete den Rosenkranz, wenn er zur Kirche und zur Feldarbeit ging und davon zurückkehrte. Der Rosenkranz war auch sein tägliches Abendgebet. Und in schlaflosen Nachtstunden bewahrte ihn dieses Gebet vor bösen Gedanken und hielt ihn mit Gott vereinigt.
So erfüllte Yves schon damals den Herzenswunsch, den die Rosenkranzkönigin 300 Jahre später drei portugiesischen Bauernkindern in Fatima und durch sie der ganzen Welt dringend anbefahl: «Ihr sollt täglich den Rosenkranz beten!»
Yves schämte sich nicht, sowenig wie der hl. Schweizerbauer Nikolaus von der Flüe, den Rosenkranz in aller Öffentlichkeit zu beten. Er war keineswegs ein mißmutiger Drückeberger, sondern als hilfsbereiter, frohmütiger Nachbar beliebt, den man mehr aus Achtung als aus Übermut «Rosenkranzbauer» nannte.
Jeden Sonn- und Festtag ging er nicht nur zum Gottesdienst, sondern zugleich zu den hl. Sakramenten. Seit 12 Jahren lebte er mit Guillemette Le Roux in harmonischer Ehe, die jedoch zu seinem großen Leide kinderlos geblieben war.
Wie mag die Gottesmutter sich über diesen unverdorbenen, währschaften Diener Gottes gefreut haben! Die hl. Großmutter Anna aber beschloß, diesem frommen, gewissenhaften Manne die Aufgabe anzuvertrauen, ihr seit 900 Jahren im Schoß der Erde verstecktes Gnadenbild zu erheben, die zerstörte Kapelle wieder aufzubauen und dadurch den alten Wallfahrtsort zum Wohle ungezählter Hilfesuchender neu zu beleben.
19 Monate hindurch bereitete St. Anna ihren Verehrer durch besondere Gunsterweise, aber auch durch schwere Prüfungen auf seine außerordentliche Mission vor. Seit dem Monat August 1622 — Yves war damals 34 Jahre alt — erblickte er bald zu Hause, bald auf offenem Felde häufig eine Hand mit einer brennenden Kerze. Dieses Licht schwebte vor dem staunenden Jungbauern einher und erleuchtete seinen Heimweg, wenn Schneesturm oder Nacht und Nebel ihn überraschten. Als er einst bei einbrechender Dunkelheit seine Ochsen von der Weide heimholen und vorher auf dem Bocenno-Felde noch zur Tränke führen wollte, traf er mit seinem Schwager Le Roux zusammen, der in der gleichen Absicht gekommen war. Plötzlich stutzten die Tiere der Beiden und ließen sich nicht weitertreiben. Überrascht aufschauend, gewahrten die Männer ob dem Brunnenrand eine mütterlich-majestätische Frau im weißen, faltigen Linnenkleide mit einer flammenden Kerze in der Hand. Ihr Strahlenkranz erhellte die ganze Gegend heller als das Tageslicht. Erschrocken flohen die Bauern. Als sie zurückzukehren wagten, war die Vision verschwunden.
Doch von nun an zeigte sich die schweigende Dame öfters. Ihr himmlischer Anblick erfüllte Yves mit innerer Freude. Eines Abends, als sie auf der kleinen Wolke mit der Kerze in der Hand ihn bis zu seiner Scheune begleitete, die einst sein Vater mit Steinen aus der Ruine der früheren St.-Anna-Kapelle gebaut hatte, richtete sie einige wenige, überaus freundliche Worte an ihn, ehe sie verschwand. An jenem Abend vermochte er vor innerer Erregung nicht am Abendessen teilzunehmen, sondern zog sich sogleich zum Gebet in die Scheune zurück. Als er sich endlich auf einen Strohhaufen zur Ruhe niederwarf, konnte er nicht einschlafen. Um elf Uhr nachts vernahm er deutlich Schritte und Stimmen großer Pilgerscharen, die sich seinem Hofe näherten. Erschrocken lief er ins Freie. Doch vor dem Tore herrschte tiefste Stille. All die seltsamen Erlebnisse der letzten Zeit überdenkend, befiel ihn eine unerklärliche Angst. Den Rosenkranz betend, bat er Gott um Klarheit und jene, die er stets «meine gute Herrin Sankt Anna» nannte, um ihre Fürbitte.
Da erhellte sich plötzlich die Scheune und vor ihm stand, strahlender als je, die ihm wohlbekannte, ehrwürdige Matrone. Mit ungemein gütiger Stimme redete sie ihn in seiner bretonischen Muttersprache an:
«Yves Nicolazic fürchte dich nicht! Ich bin Anna, die Mutter Mariens. Sage deinem Pfarrherrn, daß in früherer Zeit, noch ehe sich hier ein Dorf gebildet hatte, auf dem Bocenno-Acker eine meinem Namen geweihte Kapelle stand. Es war die erste Kapelle im ganzen Lande. Es sind jetzt 924 Jahre und 6 Monate her, seit sie zerstört wurde. Ich wünsche, daß sie bald wieder aufgebaut werde, wofür du sorgen sollst, denn Gott will, daß ich hier verehrt werde!»
Yves stieß jedoch beim Ortsgeistlichen und dessen Hilfspriester auf spöttischen Widerstand. Im Dorfe wurden sogar vereinzelte Drohungen laut. Gott ließ es zu, daß sein treuer Diener erst durch die scharfe Lauge der Verdemütigungen innerlich gereinigt wurde, ehe er seine ehrenvolle Mission begann.
Immer mehr sank der Mut des Geprüften. Da erschien ihm die Großmutter des Erlösers neuerdings:
«Kümmere dich nicht um das, was die Leute sagen!» mahnte sie. «Sondern tue, was ich von dir gewünscht und überlasse alles andere meiner Sorge!»
«Ach, meine gute Herrin, Sankt Anna, du kennst die Schwierigkeiten, die sich deinem Wunsche entgegenstellen und die beschämenden Vorwürfe, die ich zu hören bekomme. Wirke doch ein Wunder, damit die Leute glauben!»
«Hab' keinen Kummer, mein guter Nicolazic! Ich werde dir das Nötige geben, um das Werk zu beginnen, und Gott wird helfen, es zu vollenden. Ich habe mit Vorliebe diesen Ort auserwählt, um hier verehrt zu werden. Alle Schätze des Himmels stehen zu meiner Verfügung. Vertraue auf Gott und auf mich! Bald wirst du Wunder in Überfülle erleben, und das größte aller Wunder wird der Zustrom der Pilger sein, die mich hier verehren werden!»
Am folgenden Morgen erblickte Guillemette Le Roux beim Erwachen auf dem Stubentische 12 Silberlinge in Dreierreihen aufgehäuft. Freudig zeigte sie dieselben ihrem Gatten Yves. Nun konnte der Kapellenbau beginnen, ohne daß die beiden deswegen, wie bereits großmütig abgemacht, ihren eigenen Hof verkaufen mußten.
Als am 7. März 1625 Yves gegen 11 Uhr nachts den Rosenkranz betete, erschien wiederum die brennende Kerze und gleich darnach die hl. Anna selbst.
«Yves Nicolazic», sprach sie, rufe deine Freunde herbei und führe sie an den Ort, den euch diese Kerze zeigen wird! Dort werdet ihr mein altes Gnadenbild finden. Grabt es aus, und alle Welt wird sich von der Wahrheit dessen überzeugen, was ich dir versprochen habe!»
Der Rosenkranzbauer holte sogleich seinen Schwager Le Roux und die nächsten Bauern und folgte mit ihnen der Kerze, die ihnen über holperige Wege, Wiesen und ein sprossendes Getreidefeld voranschwebte. Alle sahen das geheimnisvolle Licht, außer zwei Bauern, die demütig gestanden, daß sie nicht im Stande der Gnade seien. An der Stätte der ehemaligen St.-Anna-Kapelle angekommen, erhob und senkte sich die Kerze dreimal, dann verschwand sie im Boden. Yves bezeichnete die Stelle im Dunkeln sofort mit seinem Schuh und schickte jemand heim, um eine geweihte Lichtmeßkerze zu holen. Bei deren Schein begann man zu graben, und bald stieß die Hacke auf einen harten Gegenstand. Nachdem derselbe zutage gefördert und gereinigt worden war, erkannten alle das uralte Gnadenbild der hl. Anna mit ihrer hochgebenedeiten Tochter Maria, das mehr als 900 Jahre lang im Schoße der Erde versteckt lag. Wer vermöchte die Freude des Rosenkranzbauern zu beschreiben!

Doch neue strenge Verhöre warteten seiner. Die hl. Kirche ist ja hiezu verpflichtet, um ihre Gläubigen vor «falschen Propheten», die zu jeder Zeit und besonders in unsern Tagen allüberall auftauchen, zu schützen.
Voller Seelenruhe gab Yves den kirchlichen Behörden jedwede Auskunft. Der Bau der Kapelle schritt bald glücklich voran. Von nah und fern strömten Pilger herbei, um die hl. Mutter Anna zu ehren. Und die gütige Großmutter des Herrn kargte nicht mit ihren Gnaden. Die ehemals kinderlose Stube der Familie Nicolazic-Le Roux füllte sich bald mit vier muntern Nachkommen.
Der Ortspfarrer bot sich selber als Taufpate des Ältesten an, um öffentlich den Rosenkranzbauern zu ehren und die frühere Härte gegen ihn gutzumachen. Sein Patenkind aber wurde später sein Nachfolger als Priester und Pfarrer.
Yves leitete noch 20 Jahre lang mit großer Umsicht die Bauten der aufblühenden Wallfahrtsstätte und betete weiterhin den Rosenkranz. In seiner Sterbestunde — am 13. Mai 1645 — schaute er plötzlich zur Höhe und lispelte selig:
«Ich sehe die allerreinste Jungfrau Maria und meine gute Herrin Sankt Anna!»
Yves Nicolazic liegt in der heutigen Wallfahrtsbasilika der hl. Anna zu Auray (Ste-Anne d'Auray, Bretagne, Frankreich) begraben. Die französischen Bauern erwarten vertrauensvoll dessen baldige Seligsprechung.

Dr. M. Haesele - Santa Rita, 16. Jahrgang, Nr. 2, Oktober 1966

Zum Bild: Ein älterer Stich der heutigen Wallfahrtsbasilika der hl. Mutter Anna in Auray (Morbihan, Bretagne, Frankreich). Hauptfeste: 7. März und 26. Juli

Siehe auch: Sanctuaire Sainte-Anne d'Auray - Sainte Anne d'Auray: l'histoire - Yves Nicolazic

mercredi, avril 11, 2007

La Première Communion de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus

Therese de l'Enfant Jésus"Ce n'est pas pour rester dans le ciboire d'or que Jésus descend chaque jour du ciel, mais afin de trouver un autre ciel, le ciel de notre âme où il prend ses délices".

"Ma première Communion me restera toujours comme un souvenir sans nuages. Il me semble que je ne pouvais être mieux disposée...
Ah! qu'il fut doux le premier baiser de Jésus à mon âme! Ce fut un baiser d'amour! Je me sentais aimée et je disais aussi: "Je vous aime, je me donne à vous pour toujours!" Jésus ne me fit aucune demande, il ne réclama aucun sacrifice. Depuis longtemps déjà, Lui et la petite Thérèse s'étaient regardés et compris... Ce jour-là, notre rencontre ne pouvait plus s'appeler un simple regard, mais une fusion. Nous n'étions plus deux! Thérès avait disparu comme la goutte d'eau qui se perd au sein de l'océan; Jésus restait seul; il était le Maître, le Roi! Thérès ne lui avait-elle pas donné sa liberté? Cette liberté lui faisait peur; elle se sentait si faible, si fragile, que pour jamais elle voulait s'unir à la Force divine.
Et voici que sa joie devint si grande, si profonde, qu'elle ne put la contenir. Bientôt des larmes délicieuses l'inondèrent, au grand étonnement de ses compagnes qui plus tard se disaient l'une à l'autre: "Pourquoi donc a-t-elle pleuré?..." Elles ne comprenaient pas que toute la joie du Ciel venant dans un coeur, ce coeur exilé, faible et mortel, ne peut la supporter sans répandre des larmes."

Ainsi parlait Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus en évoquant l'ineffable souvenir du beau jour de sa première Communion.
Ce jour, elle l'avait désiré pendant de longues années, avec une ferveur angélique. Toute petite elle supplia naïvement sa soeur aînée, une veille de Noël, de l'emmener à la Messe de minuit, voulant profiter des ténèbres pour aller à la Sainte-Table voler le petit Jésus. "Je me glisserai à côté de toi, disait-elle, on ne me verra pas... Est-ce que je puis faire cela?" "Non! répondit sa soeur... et la petite Thérèse soupira...
A l'âge de dix ans, elle rencontra un jour, dans la rue, Mgr l'évêque de Bayeux, et, si sa soeur ne l'avait pas retenue, elle se serait élancée pour demander la permission de faire sa première Communion cette année-là, au lieu d'attendre à l'année suivante.
Enfin ce petit ange eut un désir si ardent de Jésus-Eucharistie que, depuis son départ de cette terre, il s'est plu à secourir d'une façon toute spéciale les enfants exposés, par la maladie, à voir retarder leur première Communion. Plusieurs petites filles, dont deux étaient atteintes de méningite et condamnées par la science à une mort certaine, dans un très cour délai, ont été soudainement guéries après que l'on eût prié pour elles Sainte Thérèse, et elles ont pu faire leur première Communion avec leurs petites compagnes.
La guérison d'une de ces enfants privilégiées mérite d'être racontée.
Le 2 janver 1910, Marie X.... âgée de onze ans, fut prise de fièvre et bientôt une coxalgie se déclara. Le traitement médical n'agissant point, la directrice de l'école engagea la fillette à prier Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus. "Mais, raconte-t-elle, la "petite Fleur" semblait sourde à nos supplications. Trois semaines avant la première communion à laquelle elle devait prendre part, l'enfant allait au plus mal. Tout espoir de guérison était perdu.
Or, dans la nuit du 30 au 31 mars, Marie ouvrant les yeux, vit, selon son expression, une jolie petite figure qui lui souriait. Elle fut légèrement effrayée et fit un signe de croix. L'apparition sourit davantage, sembla se rapprocher d'elle et lui dit: "Tu marcheras dans peu de temps... aujourd'hui même!" Puis elle resta quelques instants, toujours souriante, à contempler sa petite protégée tout à fait rassurée, et disparut...
Le matin, l'heureuse voyante dit à ses parents: "Je vais marcher aujourd'hui; j'ai vu cette nuit ma "petite Fleur" qui me l'a dit. " Elle n'avait jamais vu de photographie de Soeur Thérèse, mais son coeur lui disait que cette angélique vision ne pouvait être que la petite sainte invoquée par elle avec tant de confiance.
Vers trois heures de l'après-midi, une voix suave et douce, qu'elle reconnait bien, se fait entendre à son oreille: "Marche", dit-elle. La malade se lève aussitôt et court se jeter dans les bras de sa mère, qui ne peut croire à tant de bonheur...
Il y avait trois mois que l'enfant ne marchait plus!
Quelques jours plus tard, l'heureuse privilégiée vint nous voir et nous lui mîmes dans les mains l' Histoire d'une âme. Lorsque'elle fut en face de la première gravure l'enfant s'écria: "C'est bien elle que j'ai vue, je la reconnais!"
A partir du 31 mars, notre petite élève marcha très bien. Elle a eu le grand bonheur de faire sa première communion et d'être confirmée avec ses compagnes.

O Dieu, qui avez embrasé de votre Esprit d'Amour l'âme de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, accordez-nous de vous aimer, nous aussi, et de vous faire beaucoup aimer.

Permis d'imprimer. +Thomas, év. de Bayeux et Lisieux.

lundi, mars 26, 2007

La Mission Divine de la France prouvée par son histoire (02)

Suite de (01)

Tournons quelques pages:
Les derniers Carolingiens ne se montrant plus à la hauteur de leur tâche, c'est le Prince le plus digne de régner qui monte sur le Trône: Hugues Capet, Duc de France et Comte de Paris, descendant salique de Pépin d'Héristal, et non salique de Charlemagne par Adélaïde, fille de Louis le Débonnaire et épouse de Robert le fort, le vainqueur des Normands.
Depuis plus d'un siècle, la providence avait permis à cette branche de la Famille Royale de se distinguer par les exploits de Robert le Fort, d'Eudes et de Robert, de Hugues le Grand et d'incarner très réellement la grandeur et l'indépendance du Pays. Dieu avait ainsi préparé l'élection de Mont-Notre-Dame où fut choisi le nouveau Roi, grâce à l'influence de l'Archevêque de Reims, Adalbéron, au prestige et aux services d'Hugues Capet et de ses ancêtres.
Le nouveau Roi s'assure l'appui de l'Eglise et affirme le principe de l'hérédité mâle en faisant sacrer de son vivant son Fils Robert. La piété de ce dernier et la clairvoyance d'Henri Ier qui fait prévaloir l'ordre de primogéniture mâle, assurent peu à peu au Roi de France un prestige que Saint Grégoire VII le Grand va proclamer au temps de Philippe Ier quand il écrira que les Rois de France sont "autant au-dessus des autres monarques que les souverains sont au-dessus des particuliers"(4). Comment ne pas mentionner également Louis VI et son grand ministre, le moine Suger, ainsi que les deux éminents théologiens qui illustèrent cette époque: Saint Bernard et Abélard.
C'est à ce moment que la politique pontificale et la politique royale vont suivre une direction parallèle qui leur permettra dès lors de s'appuyer réciproquement. L'Eglise est-elle opprimée par le Saint Empire notamment lors des élections pontificales? Le grand mouvement de libération partira de France, de Cluny, avec Hildebrand.
"A partir du XIIe et jusqu'à la fin du XIIIe, le Roi de France vient généralement en aide au Saint-Siège. En 1107 le Pape Pascal II, traqué par l'Empereur Henri V, se réfugie à Paris où Philippe Ier et son fils Louis lui font le plus magnifique accueil; c'est de Troyes en Champagne, au sein d'un Concile d'Evêques français, qu'il lance l'anathème contre l'Empereur d'Allemagne; c'est en France aussi que vient Calixte II et qu'il se met en mesure de terminer par un Concordat la querelle des investitures; en France qu'aux heures les plus tragiques de la querelle du Sacerdoce et de l'Empire, les Papes viendront demander à la Fille aînée de l'Eglise aide et refuge. Alexandre III résidera deux années dans notre patrie, et de Sens, où il aura transporté tout le gouvernement pontifical, il régira l'Eglise Universelle" (5).
C'est lui qui déclara la France "un Royaume chéri et béni de Dieu dont l'exaltation est inséparable de celle de l'Eglise" (6).
Aussi lorsque le Plantagenet menacera la France, c'est la Papauté qui l'arrêtera, car elle se rend compte que la France est le centre réel de l'équilibre européen. C'est la raison pour laquelle Innocent III - lors de son conflit avec Philippe-Auguste - loin de chercher à disposer de la Couronne de France, comme il le fait de celles d'Allemagne et d'Angleterre, proclamera au contraire dans une de ses célèbres Décrétales, que le Roi de France n'a AUCUN SUPÉRIEUR AU TEMPOREL (7) car il sait qu'il est la pierre angulaire de l'Europe chrétienne et que les principes qui guident sa conduite sont la vérité même: "A moi appartient le soin de tout ce qui touche le glaive temporel, disait Philippe-Auguste, le gouvernement du royaume me suffit. Je laisse aux hommes de Dieu à traiter les choses du service de Dieu."
Le Roi avait le sens des choses surnaturelles ainsi que le prouve le fait suivant:
"Les Vaisseaux de Philippe-Auguste voguaient vers la Terre Sainte. En Sicile, ils furent assaillis par une violente tempête. Le Roi ne perdit pas contenance, il ranima le courage et la confiance des Matelots: "Il est minuit, dit-il, c'est l'heure où la communauté de Clairvaux chante Matines. Ces Saints Moines ne nous oublient jamais. Ils vont apaiser le Christ; ils vont prier pour nous, et leurs prières vont nous arracher au péril". Philippe-Auguste était un chrétien et comprenait que la prière attire sur le monde toutes les bénédictions. (8)"
Tout chrétien qu'il est, il n'hésite pas - et il a raison - à s'opposer à la politique pontificale s'il la juge dangereuse pour la France. Le cas se produit en 1198 lors de la succession impériale. Malgré les avertissements lumineux du Roi, le Pape fait triompher la candidature d'Othon de Souabe qui, à peine élu, se retourne contre son bienfaiteur. Alors le Souverain Pontife, humblement, reconnaît son erreur et fait appel au Roi de France:
"Ah! si nous avions pénétré aussi bien que vous le caractère d'Othon, il ne nous aurait pas trompé! Le fils impie persécute sa Mère... qui ne peut, désormais, avoir confiance en lui puisqu'il ne nous tient pas parole, à nous, le Vicaire du Christ! Nous vous parlons à notre honte, car vous nous aviez bien dit de nous méfier de cet homme..." (9).
Ainsi, l'histoire montre que si dans le domaine spirituel le Successeur de Pierre jouit de toutes les lumières du Saint-Esprit, il n'en est plus de même dans les question temporelles. C'est le Roi de France qui sur ce terrain en bénéficie, car c'est lui qui a mission - de par la volonté divine - de les régler et qui reçoit d'en haut - à son Sacre - les lumières et les grâces nécessaires.
Grande leçon qui prouve que le Pape et le Roi doivent l'un et l'autre rester dans leur domaine et demeurer toujours unis: le pape éclairant et guidant le Roi dans le domaine spirituel et le Roi éclairant et guidant le Pape dans la politique temporelle.
Vers la fin du règne de ce grand Roi, la protection divine va se manifester ostensiblement.
En 1214, l'Empereur d'Allemagne Othon, excommunié depuis peu, veut ravir sa couronne à Philippe Auguste, et envahir la France avec 200.000 hommes. Le Roi appelle toutes les paroisses de France: 60.000 volontaire répondent... Il va à Saint-Denis, communie, prend l'oriflamme et part à la bataille. Les Français ont à lutter contre un ennemi plus de trois fois supérieur, ils fléchissent tout d'abord sous le nombre mais "soudain, vers trois heures, du fond de la plaine ensoleillée, apparaît déployée la Sainte Oriflamme, une force mystérieuse s'échappe de ses plis. Sa vue déconcerte, puis épouvante les ennemis. Ils cèdent, brisent leurs lignes et bientôt fuient de toutes parts... En ce jour, naquit la grande patrie Française (10)."
Pour longtemps, le péril allemand est écarteé, l'Eglise et la France sont sauvées. Philippe Auguste a bien mérité de l'une et de l'autre.
A son fils incombera une autre tâche: détruire l'hérésie albigeoise dont les conséquences religieuses et politiques peuvent être considérables, puisqu'elle aboutit à un malthusianisme avant la lettre et à l'extinction de la race. Louis VIII la combat hardiment et meurt au retour de l'expédidtion.

(4) Grég. VII. Mag. Ep. Lib IV. cp. 6, tome II, col. 795.
(5) Mgr Baudrillart, op. cit., p. 21
(6) Alex. III, Epist. XXX tome X, Conc. col. 1.212. C'est également ce qu'affirmait Grégoire XI. Tome XI, Conc. col. 367.
(7) J. Leclerc. - "Chrétienté médiévale et Société des nations" - "Etudes", n° 15, - 5 août 1932.
(8) Révérend Père Janvier, Carême 1924, première Conférence, p. 32.
(9) Cité par André Rousseaux: La politique religieuse de la Monarchie.
(10) Chanoine de Roquetaillade: "Les grands pèlerinages de France, Sainit-Denis", p. 30.

jeudi, mars 22, 2007

Jeann d'Arc et les Heroïnes Juives

Monseigneur Joseph Lémann

Ce panégyrique de Jeanne d'Arc, prononcé le 8 mai 1873 dans la cathédrale d'Orléans, est sans doute l'un des plus beaux qu'ait mérité "la Sainte de la Patrie", bien avant même qu'elle ne fut portée sur les autels.
Il fallait un Juif converti, et la science d'un Monseigneur Lémann, pour établir cet étonnant parallèle entre les saintes de l'Ancien Testament, dont son peuple était dépositaire, et la Sainte du Nouveau Testament.
De Déborah, Judith, et Esther à Clotilde, Geneviève et Jeanne d'Arc, c'est toute l'âme de notre pays de France qui vibre dans ce texte magnifique.

1 plaq - 34 pages - format 14,5 x 21 - Réf 078 - 5,00 EURO - Éditions Sainte Jeanne d'Arc, Les Guillots, F-18260 Villegenon, Tél. 02 48 73 74 22, Fax 02 48 73 75 86.

Jeanne d'Arc la Pucelle - Apôtre et Martyre de la Royauté Universelle du Christ et du Caractère Sacré et Divin du Roi de France

Marquis de la Franquerie

Cette brochure du Marquis de la Franquerie fut d'abord éditée en 1956. Épuisée depuis longtemps, le Marquis de la Franquerie l'a revue et remise à jour, avant de nous en confier la réédition.
Cet ouvrage n'est pas seulement une fresque historique de la mission de Jeanne. Il en est surtout l'analyse d'un point de vue particulier, celui de la sainteté de la constitution monarchique de la France. Sainte Jeanne d'Arc est la "Grande Martyre du Caractère Sacré et Divin de la Royauté en France, et de la Royauté Universelle du Christ". Ce témoignage est l'essentiel de la mission de l'héroïne, que le Marquis de la Franquerie célèbre ici avec grandeur et émotion, en y apportant les éclairages si riches auxquels cet auteur nous a habitués depuis longtemps.

1 plaq - 60 pages - format 14 x 21 - Réf 053 - 5,00 Euro - Éditions Sainte Jeanne d'Arc, Les Guillots, F-18260 Villegenon, Tél. 02 48 73 74 22 - Fax 02 48 73 75 86

lundi, mars 12, 2007

Soeur Elisabeth de la Trinité (1880 - 1906)

Marie-Elisabeth Catez, née à Bourges, le 18 Juillet 1880, entra au Carmel de Dijon le 2 août 1901. Sa vie d'oraison, fondée sur les plus solides vertus, devint alors intense et lui fit trouver le ciel sur la terre dans la profondeur de son âme, où une foi puissante et toujours en éveil la gardait unie à Celui qui la possédait. Puisé à cette source et secondé par une admirable fidélité à la grâce, l'amour divin la consuma rapidement. Le désir ardent qui la pressait d'être configurée à Jésus curcifié fut bientôt réalisé. Elle mourut en odeur de sainteté le 9 novembre 1906.
Quelques jours avant sa mort, on lui demandait comment au Ciel elle s'emploierait à "faire du bien sur la terre". "Il me semble qu'au Ciel, avait-elle répondu, ma mission sera d'attirer les âmes dans le recueillement intérieur en les aidant à sortir d'elles-mêmes pour adhérer à Dieu par un mouvement tout simple et tout amoureux; de les garder en ce grand silence du dedans qui permet à Dieu de s'imprimer en elle, de les transformer en Lui". (Soeur Elisabeth de la Trinité - Souvenirs)

PRIÈRE: O Dieu qui aimez les âmes au point de faire en elles votre demeure, nous vous remercions des grâces dont vous avez enrichi, durant sa vie mortelle, votre humble servante, Soeur Elisabeth de la Trinité, en lui faisant comprendre et goûter cette ineffable et divine réalité.
S'il entre dans vos desseins adorables de faire glorifier par la Sainte Eglise celle qui voulut être dès ici-bas la "louange de votre gloire" daignez, nous vous en prions, manifester par des signes extérieurs le crédit dont elle jouit auprès de vous afin que de plus en plus, ô Trinité sainte, elle procure votre règne d'amour dans les âmes. Ainsi-soit-il.

Imprimatur: + PIERRE, év. de Dijon.

samedi, mars 03, 2007

La Vierge Marie dans l'Histoire de France - Chapitre IX

De Saint-Louis à Jeanne d'Arc

Ou des châtiments engendrés par les fautes de Philippe Le Bel et de la protection miraculeuse de Marie en faveur de son royaume de prédilection.

Sur le lit de mort de Saint Louis, emporté par la peste qui ravage l'armée à Tunis, son fils, Philippe III le Hardi a recours à la Vierge et promet d'aller en pèlerinage au Puy s'il retourne en France sain et sauf. Exaucé, le roi accomplit son voeu, et offre à l'insigne basilique une parcelle de la vraie Croix et une partie de l'éponge que les bourreaux du Christ Lui présentèrent imbibée de fiel et de vinaigre (1); il fait de royales libéralités à N.-D. de Pontoise (2), à l'abbaye de N.-D. du Lys, à la Collégiale Royale de N.-D. de Melun et construit N.-D. de Taur à Réalmont. Il meurt en 1285.
Avec son fils, Philippe IV le Bel, monte sur le Trône un Prince dont la piété incontestable et profonde est presque annihilée par un caractère d'une violence rare. Le Roi - à l'aurore de son règne, et comme pour le placer sous la protection de Marie - offre à N.-D. du Puy un magnifique calice d'or (3); en compagnie de ses fils, il vient souvent à N.-D. de Maubuisson et y fait de larges libéralités ainsi qu'à N.-D. de Plaisance près de Montmorillon et à N.-D. du Lys; enfin, près de Bar sur Aube, il fonde le Prieuré de N.-D. du Beauray (4). De son côté, la Reine, Jeanne de Navarre, manifeste sa piété envers Marie dans les constitutions qu'elle donne à l'Hôtel Dieu de Château-Thierry en prescrivant de servir aux infirmes un meilleur repas les jours des fêtes de la Sainte Vierge, en signe de réjouissance. Elle fonde une rente de cent livres à N.-D. de l'Isle près de Troyes, à la condition d'un service anniversaire le jour de sa mort.
La dévotion du Monarque est récompensée par une protection spéciale de Marie: à la bataille de Mons en Puelle, contre les Flamands, en 1304, le Roi est sauvé de la mort par une invocation à la Reine du ciel qui lui accorde la victoire. "Pour rendre grâces condignes à la Vierge, célébrer les honneurs justement par Elle mérités" il fait des dons royaux à N.-D. de Boulogne, offre à N.-D. de Chartres l'armure qu'il portait à la bataille et "établit à N.-D. de Paris une fête qui se faisait tous les ans le 18 août, sous le titre de Commémoration de N.-D. de la Victoire" (5). Enfin, une statue de la Vierge ayant été découverte en terre en 1280 dans le domaine de Cléry, appartenant à son aïeule, Marguerite de Provence, et de très nombreux miracles y ayant été obtenu, il décide - pour témoigner sa reconnaissance à Marie de la reprise des Flandres et de la Gascogne - d'y ériger une magnifique église dédiée à la Vierge; la mort seule l'empêche de réaliser son projet (6).
Malheureusement, au sujet des impôts à percevoir sur le Clergé, le Roi entra en conflit avec le Pape Boniface VIII; les caractères du Souverain Pontife et du Roi étant aussi violents qu'autoritaire, rapidement le conflit dégénéra en une lutte ouverte, publique et implacable. Le Pape, au lieu de s'en tenir à la question qui le mettait aux prises avec le Roi, émit des prétentions inadmissibles sur les droits inaliénables et imprescriptibles de la Couronne de France et mit ainsi le feu aux poudres. De son côté, l'envoyé du Roi dépassa les instructions de son Maître à Anagni. Le retentissement de cette lutte fut immense et eut des conséquences incalculables; l'indépendance temporelle des Etats et des Princes fut assurée, mais "la puissance morale de la Papauté, seule capable de servir de frein à l'ambition et à la violence" était brisée. "C'était la fin du beau Moyen Age chrétien" (7). Quels qu'aient été les torts réels de Boniface VIII, ce n'était pas au Fils Aîné de l'Eglise, au propre petit-fils de Saint Louis de rendre impossible pour l'avenir cette oeuvre magifique réalisée par l'Eglise et d'arracher ainsi au Pontife Romain l'influence admirable qu'en dépit de quelques abus il avait exercée depuis plusieurs siècles sur les Princes et sur les Etats chrétiens.
Pour consacrer cette oeuvre malfaisante, il convoqua à cet effet les Etats Généraux et pour la première fois fit appel au Tiers Etat qui cinq siècles plus tard devait renveser la Moarchie. Les trois ordres ratifièrent sa conduite.
Le crime ayant été royal et national davait encourir un châtiment royal et national:
Le Roi bourrelé de remords, vint souvent depuis lors à N.-D. de Longpont "implorer sans doute de la Madone le "pardon de sa cruauté vis-à-vis du Pape Boniface" (8) et mourut en faisant à son Fils, les magnifiques recommandations suivantes: "Premièrement, aimez Dieu, craignez-Le, respectez l'Eglise, soyez-en le protecteur, le défenseur, soutenez votre foi; soyez un champion invincible du ciel...". C'était le désaveu implicite de sa faute. Ses trois fils vont lui succéder sur le Trône sans laisser d'héritier. La couronne passe à la branche des Valois. Voilà le châtiment royal.

(1) Hamon: op. cit. II. 233.
(2) Lefèvre: Histoire de N.-D. de Pontoise - I, 9.
(3) Hamon - id., II, 233.
(4) Id., V. 575.
(5) Annales de l'Archiconfrérie de N.-D. des Victoires, Xbre 1936, p. 367.
(6) Hamon - id., I. 337.
(7) Histoire de France. (Collection de Classiques Saint-Gabriel), Editions de l'Ouest, 40, rue du Cornet à Angers, dont nous ne saurions trop recommander les publications.
(8) Nicolas - N.-D. de Longpont - p. 31.

mercredi, février 07, 2007

La Statue et le Sanctuaire de N.-D. d'Écrouves (Meurthe-et-Moselle)

Suivant un ancien registre paroissial de 1747, l'église d'Écrouves, sous l'invocation de Notre-Dame, est très ancienne. L'image de N.-D. d'Écrouves placée auf fond de l'abside, était regardée longtemps avant saint Gérard (963-994), comme une image miraculeuse, ce dernier y avait une singulière dévotion pour les grands miracles qu'elle y faisait alors. Quand la peste désola le Toulois, il décida "qu'en présence des peuples rassamblés encore une fois de partout, on porterait le corps du bienheureux saint Mansuy à l'église d'Écrouves, si souvent illustrée par les miracles qu'y accomplit la bienheureuse Mère de Dieu". (Adson).
En reconnaissance on rebâtit l'église dans sa forme actuelle. Elle date au plus tard de la fin du XIIe siècle. Cette église fortifiée est classée comme monument historique depuis décembre 1883. A la Révolution la statue de N.-D. d'Écrouves (statue en pierre, haute d'un mètre) est sauvée par un paroissien, M. Missenaire, qui, au péril de sa vie, la transporte et la cache chez lui.
En 1899, le 7 juin, pendant la guerre de Crimée, le Général Vergé, de Toul, attribue sa protection à N.-D. d'Écrouves et le 21 suivant, au camp de Tracktir, lui compose un sonnet de reconnaissance renfermé dans un coeur doré suspendu par un collier de perles au cou de la statue. Le jour de sa fête, 8 septembre, le dimanche qui suit et au cours de l'année pélerins et visiteurs viennent, comme les paroissiens, prier N.-D. d'Écrouves et visiter son magnifique sanctuaire. Le Pape Benoît XIII, l'an 1726, accorda une indulgence plénière à tous ceux qui visiteraient l'église d'Écrouves le jour de la Nativité.

Archives paroissiales. - A. M. 1934 - Permis d'imprimer: Nancy, le 28 novembre 1934, C. Barbier, v.c.

dimanche, février 04, 2007

L'Église est militante et par conséquent dans une lutte continuelle

«Nous devons adorer les dispositions de la divine Providence qui, après avoir établi son Église ici-bas, permet qu’elle rencontre sur son chemin des obstacles de tout genre et des résistances formidables. La raison en est, d’ailleurs évidente: l’Église est militante et par conséquent dans une lutte continuelle. Cette lutte fait du monde un vrai champ de bataille et de tout chrétien un soldat valeureux qui combat sous l’étendard de la croix. Cette lutte a commencé avec la vie de notre Très Saint Rédempteur et elle ne finira qu’avec la fin même des temps. Ainsi, il faut tous les jours, comme les preux de Juda au retour de la captivité, d’une main repousser l’ennemi, et de l’autre élever les murs du Temple saint, c’est-à-dire travailler à se sanctifier.

Nous sommes confirmés dans cette vérité par la vie même des héros auxquels sont consacrés les décrets qui viennent d’être publiés. Ces héros sont arrivés à la gloire, non seulement à travers de noirs nuages et des bourrasques passagères, mais à travers des contradictions continuelles et de dures épreuves qui sont allées jusqu’à exiger d’eux pour la foi le sang et la vie.»


Du discours de S. S. PIE X prononcé le 13 décembre 1908 après la lecture des décrets de béatification des Vénérables Jeanne d’Arc, Jean Eudes, François de Capillas, Théophane Vénard et ses compagnons.

Jeanne Vergne et sa mission prophétique et réparatrice pour la France et l'Eglise

Jeanne Vergne est une âme mystique, trop peu connue malheureusement, porteuse par la grâce de Dieu de remarquables lumières sur notre temps et pour l'Eglise dans sa vie présente. Elle mourut voici 50 ans (ce text fut écrit il y a 30 ans! N.d.l.R.), et après ces années d'oubli, ce cinquantenaire nous donne, providentiellement, l'occasion de la désigner à l'attention des âmes soucieuses d'un approfondissement de leur vie intérieure et de cet esprit ecclésial si nécessaire aujourd'hui.
Fille de menuisier, Jeanne naquit à Argentat, le 3 décembre 1853; la famille, bien que modeste et pauvre, était très chrétienne; Jeanne y reçut une excellente éducation et un sens aigu du sacré, de la grandeur de Dieu.
Sa mère étant tombée malade en 1864, la fillette de dix ans dut quitter l'école et se placer comme ouvrière, pour contribuer aux soins de la maisonnée. Elle fit sa communion, dans de grands sentiments de piété, en juillet 1864.
Jeanne Vergne perdit sa mère le 15 août 1865, ce qui lui fut une rude épreuve. A peine quelques jours après ce deuil, elle se sentit éveillée en pleine nuit et vit tout à côté de son lit l'âme de sa mère qui demanda pour son repos une messe promise mais que la famille avait oublié de faire célébrer. Puis la vision s'effaça sans rien ajouter. Jeanne avait été impressionnée et fit en sorte, sans rien révéler de sa vision, que la messe promise fût dite rapidement. Cette apparition à l'enfant de 12 ans est la seule grâce un peu extraordinaire que l'on rencontre dans cette première partie de sa vie, mais elle indique déjà pour une part la vocation future que le Seigneur réservait à Jeanne.
Le père se remaria et s'établit un peu plus tard à Lyon; les enfants du premier lit moururent tous, sauf Jeanne et son frère Auguste, qu'elle chérissait particulièrement et qu'elle conseilla toujours avec sagesse.
Après quelques années laborieuses, Jeanne, dont la piété simple s'approfondit à l'école de la vie et dans la fréquentation à peu près régulière des sacrements, quitta sa famille et se rendit à Nancy, puis à Lille: nous ne connaissons rien de ces années, sauf le résumé que Jenanne en fit: "tiédeur dans la religion, ennui dans l'existence." Mais, grâce à certaines confidences qu'elle fit au prêtre qui la dirigea plus tard, nous savons qu'elle était très dévouée et s'occupait des pauvres et des malheureux.
A Lille, Jeanne - qui était demoiselle de magasin - fut courtisée par un fils de bonne famille qui désira vivement épouser cette jeune fille saine, sensée et active. A ces projets, la famille du jeune homme n'eut de cesse que les deux adolescents rompissent définitivement: finalement, le mariage n'eut pas lieu et Jeanne quitta Lille pour oublier; elle s'établit à Paris, 45 passage du Caire.
Ce chagrin d'amour la mûrit, il lui sembla que sa vocation n'était pas le mariage mais une forme de vie consacrée dont elle ignorait les formes. Sa piété s'accrut, avec un attrait tout particulier pour la dévotion aux Coeurs de Jésus et Marie; les premiers temps à Paris furent douloureux, mais Jeanne réagit avec fermeté; elle se consacra plus nettement à la prière et aux oeuvres de charité, malgré de violente tentations de découragement. Les relations qu'elle conserva avec son soupirant malgré l'échec de leur projet de mariage évoluèrent rapidement en amitié spirituelle très pure et profonde. Le jeune homme refusa de se marier. Il mourut peu après très pieusement.
Ce second deuil fut suivi, pour la jeune femme, d'une vision de l'âme de son ami qui réclamait des prières... Et alors, ce fut une succession d'apparitions d'âmes du Purgatoire (parents et amis) qui venaient demander à Jeanne le secours de sa prière et le don de ses souffrances pour leur soulagement et leur délivrance. C'est par cette intimité avec les saintes âmes du Purgatoire que Jeanne Vergne, la modeste ouvrière de Paris, entra dans cette voie mystique qui fut désormais la sienne. En même temps, son Ange Gardien commença aussi à se manifester à elle, l'instruisant, l'inspirant et tournant son coeur vers la France et l'Eglise: ce furent ses deux grandes lignes, ses deux grandes intentions de prière, et son extraordinaire mission prophétique et réparatrice.
Jeanne se sentait poussée à écrire, sous forme de poésies simples mais belles, ce que son âme recevait pour la France et l'Eglise. Le lundi saint 4 avril 1896, elle rencontra l'abbé de Bessonies, chapelain d'une église qu'elle fréquentait avec prédilection et régularité: Notre-Dame des Victoires. Il devint son directeur spirituel et travailla, à partir de 1897, à la publication des pages de vers écrites par sa pénitente, les faisant paraître dans 'Le Pèlerin' sous le voile nécessaire de l'anonymat. Ces publications ont suscité un grand courant d'espérance dans le petit peuple et une sorte de chaîne d'adoration et de prière mariale.
Jeanne Vergne menait sa vie humble et laborieuse d'ouvrière, et consacrait tous ses instants libres à la prière et au devoir de la charité envers les pauvres et les malheureux. Se trouvant à Notre-Dame de Paris à la fin de janvier 1896, elle entendit Jésus, parlant en son âme, lui dire:

- "O mon enfant, crois et Je te pardonne; Je t'inviterai à ce festin sacré quand sera venu le moment... sois sans crainte, souviens-toi que Je t'ai pardonné... Dis à ta patrie qu'elle revienne à Moi; et dans un temps, la France sera relevée glorieuse."

Dans la nuit de Noël suivante, elle entendit la Vierge lui dire:

- "Ta mère, en mourant, t'avait mise sous ma protection, mais toi, tu m'as longtemps! bien longtemps! oubliée... Quand tu étais une pauvre petite fille malhereuse, as-tu eu recours à moi comme tu aurais dû faire alors? Et pourtant, je t'ai protégée, en bien des circonstances, souviens-toi!"

Dès lors, les lumières et instructions célestes se multiplièrent; Jeanne crut entendre un jour la Vierge Marie lui demander d'être une victime pour la France; Jeanne fut un peu étonnée, mais acquiesça volontiers, et dès lors (1897) elle souffrit cruellement des maladies douloureuses que sont la néphrite et l'arthrite cardiaque.
Les grâces se multipliaient. Jeanne en a peu parlé, sinon à son directeur mais il mourut bien avant elle: nous savons qu'elles furent abondantes et diverses: prophéties de la guerre de 1914-18, visions du Sacré-Coeur, annonce de la restauration future de l'Eglise meurtrie et de la France pécheresse.
Le 24 avril 1898, elle vit à Notre-Dame des Victoires le Christ en majesté, vêtu de lumière et dominant comme un balcon où des émeutiers agitaient un drapeau rouge et écartaient violemment une grande croix. Cela dura quelque temps, sous un ciel gris et morne, et le ciel s'ouvrit finalement, découvrant Jésus qui écartait les fauteurs de trouble et leurs partisans, et fixait la croix très haut, dans le ciel azuré de la France; de nombreuses petites âmes venaient en pleurant de joie vers la croix restaurée, toute lumineuse.
Il semble que cette vision annonce, d'après les détails qu'elle fournit, un grand événement qui appartient encore à l'avenir de l'histoire de France.

Jeanne Vergne menait une vie simple et fervente, balisée par la souffrance et les pénitences: migraines effroyables et grandes maladies se succédaient sans répit; Jeanne se fit un devoir de jeûner perpétuellement et de pratiquer volontairement de rudes austérités. Elle faisait contrôler très régulièrement les grâces qu'elle recevait, et observait un très strict silence sur cela, sauf avec son père - l'abbé de Bessonies - et quelques amies. Elle n'avait pas d'extases, mais un état d'oraison voisin: quand elle priait, surtout en faveur des âmes du Purgatoire, elle devenait blanche et transparente comme l'albâtre.
Elle résumait ainsi la mission que, dès 1897, le Seigneur lui avait confiée:

- "maintenir une douce lueur d'espérance sur le seuil de l'avenir."

Très vertueuse, elle pratiquait, de façon héroïque, la modestie, la prudence, une immense charité qui la faisait s'oublier pour les autres. Elle passait inaperçue, car telle était la volonté de Dieu: l'enfouissement au creux silencieux de son divin Coeur. Jeanne a connue dans le plus grand silence des épreuves particulièrement douloureuses: trahison des amis les plus chers, calomnies, dédain etc.... Elle n'y a répondu que par la charité, par la prière et un immense pardon toujours offert!

En 1902, Jeanne Vergne reçut de la Vierge l'assurance qu'elle obtiendrait, en se rendant à Lourdes, sa guérison instantanée et totale; sur l'ordre de son confesseur, qui la dirigeait avec une rare prudence, elle fit le pélérinage de 1903 et y fut guérie aussitôt! Elle avait souffert 6 ans volontairement, par amour pour le Seigneur, pour la France et la Sainte Eglise. Sa vie devait désormais rendre un témoignage autrement apostolique.
L'Abbé de Bessonies fit publier les écrits de sa pénitente, sous le titre, combien évocateur! d' "Une Voix". L'ouvrage qui parut sous le couvert de l'anonymat, eut un seccès à peine concevable et un retentissement profond, réel, dans le clergé et dans le peuple croyant tant à l'étranger qu'en France.
Guérie par la Vierge, Jeanne multiplia austérités et pénitences volontaires, pour les âmes du Purgatoire et pour mitiger quelque peu la Colère de Dieu qu'elle voyait s'abattre sur la France pécheresse; elle recevait nombre d'annonces prophétiques sur la guerre à venir, sur les futures tribulations de l'Eglise et de la France. Sainte Jeanne d'Arc et même Thérèse de l'Enfant-Jésus (qui n'était pas encore canonisée), se manifestaient à elle, lui livrant les lourds secrets de l'avenir; Jésus et Marie ne cessaient de lui parler, en des locutions à ce point fréquentes qu'elles devinrent bientôt quotidiennes, après chaque communion.

En 1909, elle perdit son frère et le vit au Purgatoire; ayant prié pour sa prompte délivrance, elle le vit bientôt s'envoler vers le ciel. En 1910, elle effectua un second bref pélérinage à Lourdes, où elle eut une locution du curé Peyramale (le curé de Ste Bernadette). Puis en 1911, elle dut se rendre à Rome, où le pape saint Pie X la reçut en audience privée: c'était le 6 juillet. Le Saint-Père encouragea cette femme extraordionaire dans sa mission, il se fit envoyer un exemplaire d' "Une Voix", et adressa sa bénédiction apostolique à Jeanne, à la suite probablement de la lecture des texte inspirés qu'elle lui avait fait parvenir. Tous les prélats les plus pieux de cette époque ont voulu voir Jeanne Vergne et s'entretenir avec elle, notamment Mgr Coullié, Cardinal Archevêque de Lyon, en 1912, et d'autres encore.
L'abbé de Bessonies mourut en 1913, et Jeanne offrit sa prière et ses souffrances pour le repos de son âme; il vint la remercier du ciel le 1° août 1915. Pendant la guerre de 1914-18, de nombreuses âmes de soldats tombés au front vinrent demander à Jeanne le secours de sa prière; elle passa des nuits d'insomnie pour elles, et celles-ci lui annoncèrent à la veille de l'année 1918 que cette année serait celle de la victoire de la France, de la paix.
Après le conflit, Jeanne se rendit, dès que cela lui fut possible, à Lisieux pour y remercier Thérèse de l'Enfant-Jésus; ce fut le 3 mai 1923, quelques jours après la béatification de la petite carmélite, qui, en 1925 se montra à elle pour lui annoncer un mieux, pour lui parler de sa mission. En effet, après la guerre, Jeanne avait été prise de maladies mystérieuses et douloureuses, et le démon eut aussi son heure: il la rouait de coups et la molestait, lui infligeant de profondes plaies à la gorge et à la pointrine. En 1926, ce fut la paralysie qui l'immobilisa dans d'atroces, lancinantes souffrances; Jésus l'appelait sur la croix, à "souffrir par amour, par devoir, par reconnaissance." De grandes grâces sur le Sacré-Coeur et le Coeur de Marie consolaient, fortifiaient la pauvre malade: visions de ce mystère des deux Coeur unis, appels de Jésus portant une croix énorme et demandant aide et fidélité pour quelque temps etc. ...
Finalement, après avoir encore reçu des appels des âmes de Th. Gautier et Renan à la fin de l'année 1926, Jeanne Vergne succomba à la maladie et à l'épuisement le mardi 25 janvier 1927; elle était âgée de 74 ans! Dès sa mort, le corps redevint frais et beau, et, pendant trois jours, il resta incorompu...

Christian Rouvières
Centre BETHANIA - Chaussée de Waterloo 25, B-5000 Namur, "Rosa Mystica", Juillet et Août 1977

vendredi, février 02, 2007

La Vierge Marie dans l'Histoire de France - Chapitre VIII

Saint-Louis Sourire de Marie à la France et au Monde

On l'a dit avec raison, le coeur d'une mère - s'il répond à la mission que Dieu lui confie - reçoit toutes les grâces et toutes les délicatesses pour déposer dans l'âme de ses enfants les vertus susceptibles d'en faire des saints.
Blanche de Castille fut vraiment la digne mère d'un fils tel que Saint Louis; et sans les admirables qualités d'énergie, de coeur et d'intelligence de la Reine Régente, éclairées par une foi profonde et une confiance admirable en Marie - le modèle de toutes les Mères - le monde n'eut peut-être jamais connu ni admiré le type idéal du Roi et du Gouvernement Chrétiens.
Blanche de Castille, qui avait appris par Saint Dominique, les admirables effets de la dévotion au Rosaire, - notamment la victoire de Simon de Montfort sur les hérétiques albigeois -, s'empressa de s'associer à la Confrérie naissante établie par le fondateur des Frères Prêcheurs, et, voulant donner à la France un Monarque digne du plus beau royaume après celui du Ciel, confia son désir à Marie, récita et fit réciter aux personnes pieuses de son entourage, le Rosaire et ainsi "obtint un Fils qui mit la sainteté sur le Trône, qui fut à la fois un grand saint et un héros incomparable, qui consacra sa couronne par toutes les vertus chrétiennes et illustra son règne par les plus beaux exploits". (1).
Régente très jeune, alors que son Fils n'avait que douze ans, Blanche de Castille fut immédiatement en butte aux attaques des grands seigneurs. Elle comprit alors que le secours de Celle qui lui avait accordé ce Fils était nécessaire et que, d'autre part, pour rendre efficace cette protection et lui permettre de se manifester avec plus d'éclat, il fallait que ce Fils bien-aimé reçut l'Onction Sainte du Sacre. Louis VIII étant mort le 8 Novembre 1226, dès le 29 Novembre suivant le jeune prince est sacré à Reims. Dès lors - sous peine de sacrilège - ses ennemis ne pouvaient plus s'attaquer à l'Enfant Roi, mais seulement à la Reine Régente. Blanche avait vu juste, la rapidité avec laquelle le Sacre eut lieu, jeta le désarroi chez les barons qui, pour agir devaient se concerter; ils en eurent pas le temps avant le Sacre. Après, - ils ne tardèrent pas à le constater - il était trop tard, la seule présence du jeune Roi - Oint du Seigneur - au milieu de son armée fut suffisante, à plusieurs reprises, pour empêcher l'attque des grands feudataires de la Couronne (2). Bien plus, peu à peu, ceux - tel le Comte de Champagne - qui avaient défendu les droits du Roi furent soutenus par Lui dans leurs propres domaines et ces domaines furent agrandis, tandis que furent vaincus et humiliés les autres qui perdirent une partie de leurs biens.
Pendant que la Reine défendait les droit de son Fils, elle avait recours à la Vierge. Elle fonda l'abbaye de N.-D. des Hiverneaux en son honneur et emmena souvent son fils aux pieds de Notre-Dame de Longpont "alors que Thibaut de Champagne, pour le soustraire au complot des seigneurs, révoltés contre la Régence de Blanche de Castille, vint abriter derrière les murs épais du château de Montlhéry la minorité du jeune prince". (3). La Reine n'avait pas seulement inculqué à Louis IX le culte de Marie, elle lui avait choisi - pour sa formation religieuse et intellectuelle - les meilleurs théologiens et les plus hautes sommités dans tous les domaines de l'enseignement que le jeune Roi devait recevoir afin que son âme et sa piété, ainsi que toutes ses facultés et toutes ses connaissances prissent leur source dans une foi profonde, éclairée par une solide théologie. Dans son oeuvre d'éducation, la Régente trouva l'appui le plus actif et le plus efficace dans le Successeur de Pierre. Le Souverain Pontife maintint, pendant toute la jeunesse du Roi, un Légat choisi parmi les plus grands du Sacré Collège, le cardinal de Saint Ange.
Le Fils se montra digne d'une telle Mère, et l'élève de tels maîtres.
Saint Louis, baptisé à N.-D. de Poissy, aimait tellement cette église où il était devenu enfant de Dieu qu'il signait souvent Louis de Poissy. C'est donc sous la protection et sous l'oeil de Marie non seulement qu'il vint au monde - puisqu'il Lui doit d'être né - mais aussi sa naissance à la grâce et à la vie chrétienne. Aussi se montra-t-il toute sa vie dévoué à la Sainte Vierge. "Il soutint par ses largesses beaucoup de fondations en l'honneur de Marie, et un grand nombre de communautés vouées à son culte... Chaque samedi, jour qui est consacré à la Mère de Dieu, il rassemblait les pauvres dans son palais, leur lavait les pieds qu'il baisait avec respect, après les avoir essuyés de ses mains royales; les servait lui-même à table et leur distribuait une riche aumône." (4). Chaque jour le Roi récitait l'office de la Sainte Vierge.
Il est une fondation qui dès son enfance, tint plus particulièrement au coeur de Saint Louis: l'Abbaye de Notre-Dame de Royaumont, construite en exécution du désir testamentaire de son Père. Non seulement il en fut le fondateur, mais encore il voulut personnellement, manuellement, à la sueur de son front, "participer" à la construction de l'abbaye. Du manoir d'Asnières (sur Oise), nous dit le Confesseur de la Reine Marguerite, il venait ouïr la messe à Royaumont, puis servait les maçons, portant la civière chargée de pierres, avec un moine; il faisait travailler de même ses frères Robert, Alphonse et Charles, ainsi que les chevaliers de sa compagnie. Et un jour que durant le travail, ses frères voulaitent causer, s'ébattre et reposer un peu, il leur dit que, celà étant interdit aux moines, ils devaient s'en abstenir." Le Roi y fit de fréquents séjours; vivant de la vie des moines et assistant aux offices de nuit et de jour".
Il assistait volontiers au chapitre quotidien, mais se considérant indigne d'être traité en religieux, il s'asseyait sur de la paille, au pied d'un pilier, alors que les moines occupaient les hauts sièges. Il prenait ordinairement ses repas au réfectoire; quand il n'y mangeait pas, il se joignait aux moines servants pour faire leur office.... Il visitait souvent les malades à l'infirmerie. Dans une cellule à l'écart, languissait un moine lépreux. Le Roi tout seul, ou bien avec un dignitaire de l'abbaye allait le voir et l'entretenir. Un dimanche, accompagné de l'Abbé, il voulut faire manger le malheureux, à qui ses mains rongées et mulitées refusaient leur usage. Il lui coupa ses viandes, commandées excellente à la cuisine, et il les lui mettait dans la bouche par morceaux, avec grande précaution, ayant soin d'essuyer le sel qui aurait pu brûler ses lèvres à vif; et il se tenait à genoux devant le malade pour honorer le membre souffrant de Christ, ce que du faire aussi l'Abbé par déférence pour le Roi". (5).
Dans son "Histoire de Royaumont", l'Abbé Duclos fait un tableau attachant du parallélisme entre la croissance du jeune Roi et celle de l'Abbaye. Alors que le Roi grandissait en âge et en sainteté, les bâtiments de l'abbaye s'élevaient de plus en plus importants et magnifiques et "le développement temporel et territorial de Royaumont" se pousuivait parallèlement.
Créée par Louis IX, il fut donné à l'abbaye de Royaumont de recréer sans cesse l'âme de son fondateur. Le jeune Prince et l'abbaye avaient grandi ensemble; comme leur adolescence s'était mêlée, leur maturité respective s'entraida.
"Un grand désir d'améliorer la France sous le rapport matériel et moral, le ferme dessein d'imprimer à son gouvernement un caractère d'équité, de respect des droits, d'amour de la justice et du bien public, le besoin d'illustrer la nation, de la moraliser et de réaliser un idéal de royauté qui fut le triomphe des principes d'intérêt public, voilà le but que Saint Louis se traça lui-même, et vers lequel il marcha avec une volonté imperturbable et sage, avec une rigidité de conscience que rien ne put altérer". (6).
La campagne de 1242 par laquelle Saint Louis mit à la raison l'Angleterre et les grands féodaux, grâce aux victoire éclatantes de Taillebourg et de Saintes, révéla en lui un homme de guerre chez qui le courage personnel doublait la sûreté du coup d'oeil du stratège. Le peuple de Paris - bien que le Roi ait prescrit d'éviter toutes dépenses inutiles - le reçut en triomphateur. Après avoir laissé son peuple lui manifester son ardent amour, il se dérobe, pour ainsi dire aux ovations et loin de s'enorgueillir, il accourt à Royaumont et c'est dans le silence du cloître qu'il vient se reposer de ses victoires, déposer ses lauriers et par la prière remercier Dieu de son triomphe.
"Il est à la fois guerrier et moine et l'on se demande si ce n'est pas Royaumont qui s'imprima dans cette belle âme pour en faire jaillir ce que le monde a vu. Il y eut dans cette nature, tout à la fois la fierté du monarque et l'humilité du cénobite, le courage martial du solat et la douce tendresse de la femme; il y avait de la gaîté et de l'austérité."(7)
Dans sa prédilection pour Royaumont, Saint Louis n'oubliait pas cependant les autres sanctuaires de Marie. Il aimait à venir prier à N.-D. de Mantes en compagnie de sa Mère et de la jeune Reine (8), ainsi qu'à N.-D. de Montmelian. A Senlis il construisit une église en l'honneur de Marie et prescrivit que chaque jour une messe y serait célébrée pour le Roi à l'autel de la Vierge. En 1244 il vint, accompagné de sa Cour et du futur roi de Portugal, à Rocamadour et s'arrêta, au retour, à N.-D. de Livron, près de Caylus. La même année, il fonda, de concert avec sa Mère, l'Abbaye Royale de N.-D. du Lys à Dammarie (9); fit de larges libéralités au prieuré de Fontaine les Noues près de Meaux, ainsi qu'à la collégiale royale de N.-S. de Melun dont tous nos rois portaient le titre d'abbé.
A Paris, le Roi venait souvent prier Marie dans la basilique métropolitaine, et quand il eut construit la Sainte Chapelle, attenante à son palais, pour y recevoir les précieuses reliques de la Passion du Sauveur, sa piété ne séparant pas la Mère du Fils, il tint à ce que la crypte de la chapelle fut dédiée à la Vierge. La dédicace eut lieu en 1248. Le peuple de Paris s'unissait au Roi dans un même culte pour Marie; à cette époque, en effet, dans l'Ile Notre-Dame où s'élevait la merveilleuse basilique, la Mère de Dieu y était spécialement honorée dans l'église Saint Denis de la Châtre sous le vocable de N.-D. des Voûtes; dans celle de Sainte Croix où était le siège de la confrérie des cinq plaies de N.D. et deux églises lui étaient encore dédiées: N.-D. de l'Etoile (à l'emplacement de la Sainte Chapelle) et N.-D. de l'Ile, sans compter les innombrables corporations placées sous le patronage de la Reine du Ciel.
Le Roi aimait à venir à Pontoise, au sanctuaire dédié à Marie et, comme les pèlerins trouvaient la chapelle trop exiguë, il fit de tels dons qu'on put bientôt élever une magnifique église sur le portail de laquelle on plaça la statue miraculeurse, apportée là par saint Guillaume, chapelain de Philippe-Auguste, sans qu'on en connut l'origine. Il était une autre fondation à laquelle Saint Louis s'attacha beaucoup également: Notre-Dame de Maubuisson, tout près de Pontoise. Cette abbaye avait été fondée par Blanche de Castille qui habitait la région de Pontoise. Les travaux commencés en Mai 1236, la basilique abbatiale put être consacrée le 26 juin 1244 par Guillaume d'Auvergne, Evêque de Paris, en présence de Louis IX et des deux Reines, sous le vocable choisi par Blanche de Castille "Notre-Dame la Royale". Le Roi et le Pape accordèrent à l'abbaye de très importants privilèges auxquels vinrent s'ajouter les magnifiques revenus octroyés par la Reine Mère."
La prédilection de la Reine Blanche pour Maubuisson y attirait souvent le bon Roi Saint Louis. Au mois d'août 1244, peu de temps après la dédicace de l'abbaye, Louis se trouvait à N.-D. la Royale, lorsqu'il fut pris tout à coup d'une très cruelle maladie.

"Très venimeuse et très amère
que l'on appelle dissentère
es livres des physiciens. (10).

"Cette dyssentrie le plongea dans un abattement tel que pendant plusieurs heures, il resta privé de sentiment. Après avoir tenté d'inutiles efforts pour le ranimer, les médecins "s'empartirent" déclarant qu'il était mort; alors tous les huis furent ouverts "et y allaient tous ceux de l'hostel à qui il plaisait, et furent mandés prélats pour faire la commendasse de l'âme" (11). Chacun venait en pleurant prier près du lit funèbre.

"Le peuple entour lui amassé
l'ot une heure pour trespassé.

"seule une des dames qui le gardait espérait encore, ne voulant pas consentir à ce qu'on lui rejetât le drap sur le visage comme aux défunts. (12). En cet état on entendit tout à coup un faibel gémissement s'échapper de la poitrine du Roi. La foule poussa de grand cris; les "physisciens" accoururent; ils entrouvrirent, à grand peine, les lèvres du moribond, et lui firent avaler quelques gouttes de "caudiel". (13).
"Peu à peu, le Roi reprit ses sens; mais à peine eut-il recouvré connaissance, qu'il demanda l'évêque de Paris et le requit de lui donner la croix d'outre mer. L'évêque, au comble de la surprise, hésitait, mais les instances du Roi furent telles, qu'il ne put y résister. Le royal malade expliqua depuis que, pendant sa léthargie, il avait reçu dans une vision l'ordre d'aller en terre sainte relever l'étendard Chrétien abattu par les Musulmans.
"En apprenant cette résurrection, les deux Reines passèrent d'une extrême douleur à une extrême joie; mais quand elle vit son fils croisé, Blanche "fut aussi transie que si elle "l'eut vu mort". (14).
"Saint Louis employa trois ans à préparer l'accomplissement de son projet. Dans ce laps de temps, il fit à Mauduisson des séjours assez prolongés... Ce fut seulement le 25 août 1248 qu'il put s'embarquer à Aigues-Mortes" (15), sous l'oeil protecteur de la Vierge aux Saintes Marie de la Mer; mais avant son départ, le Roi avait tenu à venir s'agenouiller à N.-D. de Pontoise devant l'image miraculeuse pour lui consacrer le sort de la France, de son armée et de sa personne. (16).
Au cours de la croisade, même aux moments les plus douloureux et au milieu des pires dangers, le calme du Roi ne l'abandonna jamais, ni la sereine possession de lui-même."Ce qui est admirable, observe l'abbé Duclos (17), c'est qu'à côté de l'Arabe frémissant de rage, Louis s'occupait de la France, de grandes mesures administratives et financières à y introduire" et même de sa chère abbaye de Royaumont, la charte de Septembre 1249, donnée au camp de Damiette en est la preuve (18). La croisade fut un désastre; l'armée et la flotte furent en grande partie détruites, le Roi fait prisonnier.... Durant sa captivité, il se montra si grand qu'il en imposa à ses vainqueurs eux-mêmes.
Rentré en France, "dès que Louis IX pouvait se dérober aux affaires et aux réceptions, il s'échappait de sa capitale pour voler vers sa fondation favorite (Royaumont) déposant alors tout insigne royal sur le seuil du cloître, il exigeait qu'on l'y traitat comme un simple moine, mangeant au réfectoire, dormant au dortoir, travaillant au jardin, suivant efin tous les exercices de la communauté". (19).
Puis il va, à nouveau, parcourir les principaux pèlerinages de la Vierge. En 1254, il vient au Puy apporter la statue miraculeuse de Notre Dame que le Sultan lui a donnée et que la tradition dit avoir été sculptée par le prophète Jérémie, lorsque poursuivi par la haine des siens, il se serait retiré en Egypte annonçant la destruction des idoles par un Dieu qui naîtrait d'une Vierge (20). Le 3 mai, la statue est portée processionellement pour remercier Marie du retour du Roi de la Terre Sainte. Louis exempte Notre-Dame du Puy du droit de régale, fait don au trésor de l'insigne basilique d'une sainte Epine et la Reine Marguerite qui l'accompagne, dépose aux pieds de la statue le diadème de perles qu'elle porte.
A Murat, il donne à N.-D. des Oliviers une autre statue rapportée de Palestine; fait en 1255 le pèlerinage de N.-D. de la Treille à Lille et vient la même année à N.-D. de Chartres pour recevoir le Roi Henri III d'Angleterre. Il y revient en 1260 pour le dédicace de la nouvelle cathédrale à Marie, et obtient du Pape Alexandre IV de précieuses indulgences pour les pèlerins qui visitent la basilique mariale (21). En 1262, étant à Clermont pour le mariage de son fils Philippe, avec Isabelle d'Aragon, il donne à Notre-Dame une somme égale à la dot qu'il constituait à chacune de ses filles, soit 12.000 livres. (22). Enfin en 1264 il accompagne à Notre-Dame de Boulogne le Légat Pontifical pour assister au Concile des Evêques d'Angleterre... Etc.
Il ne faudrait pas croire que la piété du Roi et son culte profond pour Marie, nuisissent à son gouvernement. Bien au contraire, jamais le Roi ne fut plus actif qu'après son retour d'Orient."Il y a un fait d'où sort un problème et une question: c'est le grand ascendant exercé par Louis IX après son retour de sa première croisade en 1254". Quoique vaincu et ayant subi un désastre, la France le vit agir comme nul conquérant n'avait osé, s'entourant d'hommes nouveau, organisant son royaume sur des bases nouvelles, et achevant par des dispositions législatives savamment combinées la soumission des remuants barons... en substituat à la justice seigneuriale le droit romain et la monarchie judiciaire à la monarchie tumultueuse et fragmentée des barons. On ne peut conteter que Saint Louis ait été un homme d'une grand activité non seulement guerrière, chevaleresque, mais politique, intellectuelle même; il pensait à beaucoup de choses, était fortement préoccupé de l'état de son pays, du sort des hommes; il avait besoin de régler, de réformer, s'inquiétant du mal partout où il l'apercevait et voulant partout porter remède...(23).
Le Roi ne voulait "vivre que pour travailler sérieusement aux améliorations et au bonheur de la France; il avait fait dresser des listes exactes de tous les laboureurs dans le besoin, des artisans sans ouvrage, des veuves et des orphelins sans secours, et des filles sages pauvres qui étaient à marier. Chaque jour sur l'épargne royale, accrue, non par des impôts qu'il abhorrait, mais par l'économie administrative, il mettait des sommes à part, tant pour donner aux uns les instruments aratoires et les animaux de labour, que pour assurer aux autres des dots et des aliments. Il fonda des hôpitaux pour les lépreux et pour les aveugles, et ouvrait des manufactures où il employait à une industrie nationale de laborieux ouvriers". (24).
Cette remarquable activité du saint Roi, toujours dirigée en vue du bien temporel de ses sujets avait pour but surpême leur fin dernière, le bien de leur âme et l'accomplissement de leur devoir envers Dieu. Dieu premier servi toujours! Il est un trait qui peint bien la pensée du grand Roi sur ce point; il n'aimait pas la poésie de son temps, trop licencieuse à son gré, et répugnait aux chansons mondaines pour la même raison, allant jsqu'à recommander "fort naïvement à l'un de ses écuyers qui les chantait d'apprendre plutôt l'Ave Maris Stella". (25).
C'est au prestige de la sainteté et à la popularité de sa piété que Saint Louis dut l'universelle influence qu'il exerça sur ses contemporains et put mener à bien les réformes fondamentales qu'il imposa. La rigidité de sa conscience et "la suavité de sa piété" donnent la clé de son règne et remarque très justement l'historien de la célèbre abbaye, "l'honneur de Royaumont, c'est d'avoir fourni à la poitrine de Saint Louis l'air respirable dont il avait besoin; c'est d'être l'explication suprême et finale de cette haute personalité". (26). Or, c'était Marie qui régnait à Royaumont.
Une telle vie - si intensément chrétienne et surnaturelle - devait finir dans une apothéose de martyre. En la fête de l'Annonciation, en 1267, il proclama devant le Parlement la nécessité de la huitième croisade. Il la prépara, comme la première, avec toute son âme et tous ses soins; avant de s'embarquer, il vint en pèlerinage à N.-D. de Vauvert, qui avait sauvé de la tempête la flotte de Jacques d'Aragon, peu auparavant, puis débarqua à Tunis. Là, il contracta la pest et en mourut. Pour couronner par son dernier soupir les hommages rendus à la Mère de Dieu chaque samedi, il avait désiré mourir ce jour-là, et cette grâce lui fut accordée par Marie qui, le samedi 25 août, le reçut et le couronna en paradis.

(1) Hamon, op. cit. I, 112
(2) Voir H. Wallon: "Saint Louis" les deux premiers chapitres: Mme de Witt "Les Chroniqueurs de l'Histoire de France" 2e série; Le recueil des Historiens des Gaules et de la France.
(3) Auguste Nicols: "Notre-Dame de Longpont", p. 30.
(4) Hamon, op. cit., I, 113
(5) René Brécy: Saint Louis à Palerme et à Royaumont. D'après le Confesseur de la Reine Marguerite (p 344 à 351) d'après Lenain de Tillemont (tome I, 493 et 495) et Essai de l'Histoire de l'Ordre de Citeaux Tome IX.
(6) Duclos: "Histoire de Royaumont", I, 186.
(7) Id., I, 191 et 192.
(8) Hamon: I, 370.
(9) Le trésor de l'Abbaye eut le coeur de Blanche de Castille, le silice de Saint Louis et quelques ossements du saint Roi.
"On aimait si tendrement Marie dans le diocèse de Meaux, à cette époque, que pour avoir le loisir de la prier davantage, on s'abstenait du travail l'après-midi du samedi aussi rigoureusement que le dimanche, et l'on venait dans cette moitié du jour, se serrer autour de son autel, comme des enfants autour de leur mère". (Hamon, I, 247).
(10) Guil. Guiart: la branche aux royaux lignages - Hist. de France: XXI, 185.
(11) Baudouin d'Avesnes, id. XXI, 164.
(12) Joinville, édition Ducange, p. 22.
(13) Bouillon chaud.
(14) Joinville, id.
(15) Historiens de France, XXI, 506. - Pendant que son Fils était en Orient, Blanche de Castille mourut le 26 novembre 1252. Elle se fit enterrer à Maubuisson (Hist. de France: XXI, 83. - Chronique anonyme). A son retour de la croisade, St-Louis vint fréquemment à Maubuisson, y fit d'importantes donations et en 1270 avant de partir pour sa 2e croisade se recommanda aux dames du Monastère. (Id. XXI, 506 - et Félibien: Preuves, III 604 - Pour les Lettres des St-Louis en 1270, voir: Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, Tome XVIII, 265) Blanche de Castille avait donné à Maubuisson une statue de Marie ouvrante, formant tryptique en bois sculpté, magnifique travail espagnol du XIIIe siècle. Cette statue est actuellement dans l'église de Saint-Ouen-l'Aumône. La Reine Marguerite dota la chapelle Saint-Michel.
(16) L. Lefèvre: Notre-Dame de Pontoise, tome II.
(17) Duclos: Histoire de Royaumont, I, 209.
(18) Cartulaire de Royaumont, II, 1189
(19) Duclos, op. cit. I, 213, et Villeneuve-Trans: Histoire de St-Louis, tome III.
(20) R. P. Aug. Lépicier: Rapport au Congrès marial servite de Portland - Messager de la Très Sainte Vierge, mai-juin 1936, p. 106: note.
(21) Dans la basilique mariale de Chartres "au portail septentrional s'épanouit la Rose de France. Saint-Louis, et Blanche de Castille en furent les donateurs, et leurs armes figurent dans les médaillons. Le sujet est: la Glorification de Notre-Dame, refuge des pécheurs", (Mgr. Harscouët, op. cit. p. 71).
(22) Hamon, II, 92.
(23) Duclos, I, 216, 217.
(24) Id. I, 206 et 207 - d'après Joinville, le confesseur de la Reine Marguerite, Tillemont (manuscrit 55 sur Saint-Louis)
(25) Wallon: Saint-Louis, p. 55.
(26) Duclos, I, 215. Ajoutons que Saint Louis aimait tellement Royaumont que pour donner un témoignage de tendresse à la Reine Marguerite, il lui assigna en douaire Asnières sur Oise avec son château, son parc et ses dépendances, parce qu'à Asnières, ils vivaient heureux et près de Royaumont.